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Les «baby-boomers» menacent l'assurance santé des seniors

Le système public américain d'assurance santé des personnes âgées, Medicare, pourrait voir son fragile équilibre financier mis à mal par l'arrivée massive parmi ses bénéficiaires de la génération du «baby-boom» à partir de 2011.

03 janv. 2011, 04:15

De très nombreux «baby-boomers» (nés entre 1946 et 1964), atteindront ces prochaines années l'âge de 65 ans, ce qui leur donnera droit aux prestations publiques d'assurance santé des seniors.

Selon l'association AARP, qui vise à améliorer la qualité de vie des Américains les plus âgés, une personne fêtera ses 65 ans toutes les huit secondes en 2011: il y aura donc 7000 nouveaux bénéficiaires potentiels de Medicare chaque jour, ou plus de 2,5 millions de personnes pour la seule année prochaine.

Et le nombre de personnes atteignant l'âge de 65 ans devrait encore augmenter au cours des années suivantes, pour atteindre 4,2 millions par an à partir de 2030. En tout, au cours des deux prochaines décennies, ce sont 70 millions de personnes qui pourront faire valoir leur droit à l'assurance santé des seniors.

Le système pourrait alors tout bonnement faire faillite, si le nombre d'actifs n'est plus suffisant pour le financer par rapport au nombre de ses bénéficiaires. Selon un rapport de la Kaiser Family Foundation, le ratio d'actifs par rapport aux bénéficiaires de Medicare est déjà passé de 3,90 en 2000 à 3,63 en 2010, et tomberait à 2,4 en 2030.

Selon cette association, qui souligne qu'une majorité d'Américains est favorable à Medicare, «répondre aux besoins de santé d'une population vieillissante constitue un défi pour le pays». Or, les dépenses du programme devraient passer de 3,6% du PIB américain en 2009 à 6,4% en 2030.

Medicare est partiellement financé par les cotisations des actifs. Pour en bénéficier, il faut avoir travaillé et cotisé au moins dix ans, et même si ce programme ne suffit pas à couvrir tous les frais de santé des personnes âgées, il représente toujours «un cadeau bienvenu quand on atteint 65 ans», note l'AARP.

Des parlementaires ont proposé de repousser l'âge d'entrée dans le dispositif pour qu'il reste solvable. L'analyste John Curtis estime dans le «Los Angeles City Buzz Examiner» que ce ne serait «pas une solution du tout», et préconise des prestations en fonction des revenus des personnes concernées.

«Si les bénéficiaires ont les moyens d'assurer leurs propres revenus et leur propre assurance médicale après leur retraite, alors le gouvernement ne devrait pas payer», estime-t-il. «Les millionnaires et les milliardaires qui gagnent plus de 250 000 dollars une fois à la retraite ne devraient pas bénéficier de la Sécurité sociale et devraient payer une prime d'assurance à Medicare», dit-il. Ainsi, «grâce aux revenus supplémentaires engendrés, la Sécurité sociale en général et Medicare en particulier peuvent être préservés pour ceux qui ont réellement besoin d'argent pour leur retraite et leur assurance médicale».

Mais les républicains, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, ont opposé récemment une vive opposition à la proposition d'augmenter les impôts des Américains gagnant plus de 250 000 dollars par an, ce qui a obligé le président Barack Obama à trouver un compromis sur cette question.

Une position qui semble laisser peu de chances de succès à la solution consistant à accorder les bénéfices de Medicare sous conditions de revenus. /KZE-afp

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