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Là où le soleil d'été prend ses quartiers d'hiver Le grand frisson

26 août 2011, 10:18

Comme la plupart des Européens, les Suisses s'y prennent de plus en plus tard pour planifier leurs vacances, à l'exception des amateurs d'aurores boréales. Ceux-là n'escomptent pas d'éventuelles promotions de dernière minute vers les pays nordiques, aux infrastructures hôtelières limitées. Aussi réservent-ils maintenant déjà leur pension ou chalet en rondins.

Chez les Kohler, passer les fêtes de fin d'année au nord du Cercle polaire est devenu une tradition familiale. Depuis une première expérience tentée avec bonheur il y a six ans, le couple et ses trois enfants retrouvent fidèlement leur cocon d'Äkäslompolo, le village des sept collines.

«Nos voisins s'étonnent de cet attachement à la Finlande. Ils nous demandent souvent pourquoi nous allons chercher si loin ce qu'ils disent trouver ici. Il est vrai que les paysages nordiques présentent des similitudes avec ceux de nos montagnes. Mais ces régions ont des attraits spécifiques qui les rendent vraiment uniques, comme l'assurance d'enneigement, l'éclairage et surtout les immensités de l'espace naturel.»

Grandeur nature

La lumière, tout d'abord, si cristalline, qui saisit l'iris dès la descente de l'avion, et qui confère au manteau neigeux des scintillements de diamantine. Figés dans leur gangue immaculée, les forêts semblent ponctuées de sculptures abstraites.

«Nos ados ne manqueraient pour rien au monde une virée à moto-neige. Mon mari et moi préférons les traîneaux à chiens, plus silencieux et poétiques. Les huskies suivent avec enthousiasme des pistes balisées, sans qu'on ait besoin de les diriger. Debout à l'arrière d'un attelage individuel, il suffit de savoir freiner comme un musher!» s'enthousiasme Suzanne Kohler en appréciant de parcourir d'incroyables distances sans rencontrer la moindre habitation. Tout au plus surprend-on, dans un sous-bois, quelque renne fouissant le sol en quête de nourriture. Pour mieux observer la faune, on peut aussi louer des raquettes et improviser un safari-photos.

«On ne va pas chercher là-bas des descentes spectaculaires. C'est le royaume du ski de fond, que l'on pratique volontiers en fin d'après-midi, sur des tracés éclairés puisque l'obscurité tombe vers 15 h 30 déjà.

En début de soirée, nous regagnons notre chalet qui ressemble à s'y méprendre aux cabanes du Canada. Rien n'y manque: cuisine équipée, télé, et incontournable sauna.»

Choc chaud-froid

Bien implanté en Scandinavie, c'est surtout en Finlande que cette tradition a acquis ses lettres de noblesse: on compte ici un sauna pour trois habitants, record mondial! Avec une telle proportion, on ne s'étonnera pas du rôle qu'il joue au quotidien: détente après le travail, lieu de rencontre pour parler politique entre amis, ou simplement transpirer. Le plus librement du monde, on choisit son rythme de fréquentation et son degré de chaleur avant de s'asperger d'eau froide ou - mieux - de s'immerger courageusement dans le voisin lac glacé.

Et les fameuses aurores boréales? Les Kohler en ont observé à plusieurs reprises, par temps clair: «Elles peuvent apparaître brutalement, investissant le ciel à une vitesse incroyable avec des voiles mystérieux oscillant entre le vert, le jaune, le bleu, le rouge et le violet, avant de disparaître en quelques secondes. Parfois, ce sont des draperies d'un vert quasi fluorescent ou un discret tourbillon de lumière. Leur forme se renouvelle à l'infini .»

L'explication scientifique n'est pas moins impressionnante. C'est le soleil qui est à l'origine du phénomène. Lors de ses grandes explosions ou éruptions, d'importantes quantités de particules sont projetées dans l'espace, à des vitesses de 300 à 1000 kilomètres par seconde. Leur collision avec les gaz de l'atmosphère terrestre provoque un véritable feu d'artifice. Les plus fabuleux se produisent lors d'orages géomagnétiques.

Face à de tels spectacles, on comprend mieux ce qui attire de plus en plus d'Helvètes vers l'autoproclamé royaume du Père-Noël!

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