L'apprentissage du réchauffement

04 juin 2009, 10:15

CRITIQUE - PAR YANN HULMANN

La température moyenne de notre planète pourrait avoir augmenté de 1,6 à près de 5,8 degrés d'ici la fin du siècle. Une progression quasi anecdotique en comparaison des variations saisonnières, ou même quotidiennes, des températures que nous connaissons. Elle constitue pourtant, comme le rappelle le professeur Martin Beniston dans son dernier ouvrage «Changements climatiques et impacts», une hausse sans précédent des températures moyennes globales depuis 10 000 ans.

Titulaire de la chaire de climatologie de l'Université de Genève, et expert mondialement reconnu, l'auteur ne se livre pas à une énumération simpliste des phénomènes climatiques extrêmes. Avec ce livre, il propose une étude approfondie des processus physiques fondamentaux à l'origine du réchauffement climatique. Il ne fait d'ailleurs pas l'économie d'un tour d'horizon des notions de base nécessaires à une bonne compréhension des fonctionnements du système climatique, tels que les transports de chaleur, le cycle hydrologique ou celui du carbone.

Poursuivant sur cette idée, Martin Beniston n'évacue aucun thème de son analyse. Démographie, croissance économique, migrations, sécurité alimentaire ou santé, sont traités comme autant de domaines qui subissent les modifications de notre climat, mais qui sont également à leur origine.

L'entame du livre ne manque ainsi pas de poser un regard attentif sur l'histoire de nos sociétés humaines des origines à aujourd'hui. Le professeur, né en Grande Bretagne, démontre notamment l'influence de la nature et du climat sur notre évolution. En parallèle, il dissèque les actions de l'homme moderne, en expose les conséquences mesurables (recul des glaciers, surproduction de gaz à effet de serre, hausse des températures moyennes globales, etc.) et rend compte des défis auxquels nos sociétés doivent désormais impérativement faire face.

Avec «Changements climatiques et impacts», Martin Beniston propose un ouvrage complet et pointu. Un livre prioritairement destiné à un public académique. Reste qu'un lecteur aguerri, doté de connaissances théoriques importantes ou véritablement féru de science appréciera lui aussi.

Gros regret, l'omniprésence du noir /blanc dans les illustrations, de taille très modeste, qui accentue le caractère austère des quelque 220 pages du livre. Une faiblesse d'autant plus incompréhensible sur les feuillets comportant des reproductions d'images satellite ou de modélisations informatiques qui misent justement sur les nuances de couleurs. «Changements climatiques et impacts: de l'échelle globale à l'échelle locale», Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009

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