Faites du vélo, c'est sain, qu'ils disaient

04 avr. 2008, 12:00

Petit air de printemps... Tel l'ours qui émerge de sa léthargie, le cycliste sort son vélo. Chemins de forêts encore trop boueux pour le VTT, il enfourche son engin de route. Le vélo, un sport sain, si l'on part du principe que le gaz des voitures n'est pas pire que la fumée de clope dans les bistrots, que la selle n'est pas plus inconfortable que sa chaise de travail, et que le porte-gourde est destiné à embarquer une boisson réconfortante plutôt qu'une coéquipière ou un coéquipier maladroit.

Moulé dans son maillot qui cache mal les quelques kilos emmagasinés entre Noël et Pâques, le cycliste printanier se lance dans sa première balade, aussi réjoui et frétillant qu'un veau qui retrouve le pâturage. Mais voilà, comme entre Paris et Roubaix, la route se retrouve vite pavée de mauvaises intentions.

Dépassée par la droite par le retour tardif de l'hiver, la voirie n'a pas eu le temps de brosser le gravier. La piste ou la bande cyclable ressemble à une plage. Pas grave... La chaussée, elle, c'est carrément la jungle. Une automobiliste tasse le cycliste contre un trottoir. Un conducteur lui brûle la priorité dans un carrefour. Un motard le frôle sans respect. Un Fangio le dépasse bruyamment avant de lui faire une queue de poisson pour bifurquer à droite. Un chauffeur de trolleybus quittant sa ligne lui fait soudain face et l'oblige à jouer du frein et du guidon pour éviter la cabriole. Qui voyait le vélo comme un symbole de la mobilité douce?