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Dis, grande s?ur, t'as pas un métier original à me mettre sous la dent?

01 nov. 2007, 12:00

Angélique a 12 ans. Angélique aime la bio et le français. Angélique recherche le métier qu'elle fera plus tard. «Dis, grande s?ur, qu'est-ce qui existe comme travail?» La question est sérieuse. Il va falloir assurer. Grande s?ur se creuse la tête, et se lance dans une énumération des jobs qui lui traversent l'esprit. «Ben, il y a vétérinaire, avocate, maîtresse d'école, psychothérapeute ou buraliste postale. Tu vois, t'as le choix.» Angélique regarde grande s?ur, l'air franchement désespérée. «Quoi, t'as rien de plus original?» Grande s?ur s'en veut d'avoir pensé si conventionnel. Elle se rattrape. «Alors, tu as la créatrice de jeux vidéos, la sapeuse-pompière et, bien sûr, la déménageuse de pianos.» Angélique est rassurée, mais pas certaine d'avoir trouvé chaussure à son pied. «Bon», lui demande grande s?ur, «déjà, faudrait savoir ce que tu aimes faire dans la vie.» Angélique, sûre d'elle: «J'aime bien faire semblant de pleurer.»

Rien que ça. Silence. Gloussements. Grande s?ur switche sur le bouton «4e dimension», et réplique: «Super! Des jobs pour des filles comme toi, il y en a plein.» Et de citer l'éplucheuse d'oignons, l'accompagnatrice de convois funéraires, la cheffe promotion de mouchoirs en papier. Angélique est soulagée. Sa grande frangine aussi. Parce qu'elle constate que la génération de nanas qui est en train d'éclore ose l'originalité, l'impertinence, l'ambition, l'humour. Que ces demoiselles ont gagné en assurance. Et qu'elles ne se demandent plus forcément s'il est possible de devenir camionneuse ou directrice de banque quand on est une fille.

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