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Des jets de peinture qui éclaboussent l'art d'aujourd'hui

Cinquante ans après sa mort, survenue lors d'un accident de voiture à l'âge de 44 ans, Jackson Pollock demeure une figure emblématique de l'art abstrait. Ses jets de peinture résonnent encore dans d'autres formes d'arts.

13 août 2006, 12:00

Plusieurs expositions rendent hommage cet été à «Jack-the-Dipper» (Jack le dégoulinant): le champion de l'«action painting» qui remplit d'immenses toiles de gestes énergiques.

Le Musée Guggenheim à New York présente jusqu'au 29 septembre une rétrospective de 70 oeuvres de Pollock sur papier, intitulée «No Limits, Just Edges» (Sans autres limites que les bords). Le musée Beaubourg de Paris lui a prêté une oeuvre de 1948 que le peintre avait donnée à son épicier pour payer ses achats.

«Son influence est forte et pénétrante. Elle touche la poésie, la danse, la musique»

Le Pollock-Krasner House and Study Center, un musée installé dans la maison et l'atelier de l'artiste à Long Island près de New York, lui rend également hommage. «Pollock a une énorme influence sur les jeunes artistes», atteste la conservatrice de l'exposition du Guggenheim, Susan Davidson.

«Son influence est forte et pénétrante. Elle touche la poésie, la danse, la musique», confirme Helen Harrison, la directrice du Pollock-Krasner House and Study Center. «Très peu de peintres utilisent aujourd'hui directement sa technique, car cela ressemblerait trop à une imitation, explique-t-elle. En revanche, l'expérimentation de cette peinture en action, le mouvement du corps tout entier, l'emploi de matériaux peu conventionnels, tous ces éléments utilisés par d'autres aujourd'hui dérivent directement de l'inspiration de Pollock». Le peintre aimait à dire qu'il peignait des sons.

Surpasser Picasso

Des chorégraphes comme Karla Wolfangle, des artistes d'avant-garde comme le trio percussionniste The Blue Man Group, des peintres ou sculpteurs utilisant des jets de plomb fondu comme Richard Serra revendiquent aujourd'hui l'influence de Pollock, note Helen Harrison.

Fils d'agriculteurs du Wyoming, né en 1912, Jackson Pollock est d'abord l'élève du peintre figuratif et régionaliste américain Thomas Hart Benton avant de glisser vers le surréalisme et l'abstraction au milieu des années 1940.

Il veut surpasser Picasso qu'il admire. «Ils ne se sont jamais rencontrés et Picasso était visiblement le grand maître. Alors pour tout artiste moderne, il fallait aller plus loin que Picasso», explique Helen Harrison.

Lorsqu'il se livre à l'expérience du «dripping», Pollock fait couler de la peinture et la projette à coup de bâtons ou de seringues sur une toile posée au sol. «Certains disaient que c'était du chaos. Mais j'ai été personnellement éblouie par sa virtuosité technique», explique la conservatrice du Guggenheim Susan Davidson.

Un héros tragique

Sa technique a été immortalisée de son vivant par un film en 1950. «Life Magazine» lui a consacré sa Une. En 2000, une biographie filmée d'Ed Harris, «Pollock», le présente comme un héros tragique, souffrant d'alcoolisme et de crises dépressives, aux côtés de sa femme Lee Krasner, artiste également.

«Il y a une qualité mythique dans son personnage qui fait qu'on connaît son nom sans connaître son oeuvre», relève Susan Davidson. «Son oeuvre est merveilleuse, son histoire captivante et dramatique», résume Helen Harrison. Jackson Pollock est mort dans un accident de la route près de chez lui le 11 août 1956, en raccompagnant des amis. /ats-afp

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