Découvertes sur les «petits hommes»

07 mai 2009, 04:15

Deux études sur la taille du cerveau et du gros orteil des Hommes de Florès apportent un nouvel éclairage sur ces petits humains. Ceux-ci sont objets de controverses depuis leur description en 2004 à partir de fossiles trouvés une île indonésienne.

De petite taille, environ 1 mètre, l'Homo floresiensis qui vivait sur l'île de Florès voici plus de 12 000 ans, était de surcroît doté d'une tête anormalement petite par rapport à son corps.

Cette microcéphalie a été tantôt interprétée comme le résultat d'une maladie, peut-être due à une carence en iode, tantôt comme une conséquence d'un «nanisme insulaire», c'est-à-dire d'un rapetissement pour réussir à survivre dans un environnement aux réserves de nourriture restreintes.

Après avoir étudié des crânes fossiles, anormalement petits, d'hippopotames nains ayant vécu autrefois à Madagascar, les paléontologues Eleanor Weston et Adrian Lister (Muséum d'histoire naturelle de Londres) estiment que le même processus de «nanisme insulaire» a pu se produire pour Homo floresiensis, selon un article paraissant aujourd'hui dans la revue «Nature».

«Il se pourrait que le crâne de Homo floresiensis soit celui d'un Homo erectus, que la vie sur une île a rendu nain, plutôt que d'un individu anormal ou d'une espèce ayant évolué séparément», relève le Dr Weston dans un communiqué du Museum d'histoire naturelle de Londres.

«L'observation des hippopotames pygmées de Madagascar, qui possèdent des cerveaux exceptionnellement petits par rapport à leur taille (30% plus petits qu'attendu), suggère qu'il pourrait en être de même pour H. floresiensis», c'est-à-dire que la taille exceptionnellement petite de leur cerveau serait le «résultat d'un isolement sur une île», ajoute-t-elle.

Mais une autre étude, publiée également dans «Nature», évoque la possibilité que les hommes préhistoriques de Florès, parfois surnommés «Hobbits» comme les petits personnages du «Seigneur des anneaux» de Tolkien, descendent d'un autre ancêtre que Homo erectus.

Compte tenu de la longueur de leurs gros orteils, rappelant plutôt ceux de certains singes, leur ancêtre pourrait «être un autre hominidé plus primitif», selon William Jungers et ses collègues. /ats-afp

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