De l'hypocrisie des voitures vertes et des filles plantureuses

10 avr. 2008, 12:00

«Voiture verte». Bel exemple de non-sens. Aussi absurde qu'une «escalope de légumes». La voiture verte, un véhicule qui fonctionne au moralisme tiédasse et roule aux neutrons. Pas grave si le carburant de Gösgen remplace celui de Shell.

Le problème, c'est que bombardé par cette éthique en toc, on va finir par y croire. Même le Salon de l'auto se drape désormais d'une conscience verdoyante. Un alibi, une imposture. Déjà, une hybride, c'est moche et ça coûte cher. Surtout, la bagnole est sale par essence. Bruyante, trop puissante, toxique, dangereuse pour l'utilisateur comme pour le piéton. On l'inventerait aujourd'hui que personne ne comprendrait pareille aberration. En somme, les seules caisses non polluantes, ce sont celles à pédales ou à savon. Et puis, les 700 000 pèlerins qui se rendent chaque année à La Mecque genevoise du quatre roues se tamponnent de l'écologie comme de leur première trottinette. C'est pas des poubelles à gaz hilarant qu'ils viennent voir. Mais bien des carrosseries rutilantes, des chevaux par centaines qui ne demandent qu'à cavaler sous la pression de fines semelles de crêpe. Et des filles plantureuses à mettre dedans. Emballer une nana avec une Toyota Prius, vous avez déjà essayé? Non, l'amateur de mécaniques déraisonnables veut du rêve. Pas de la terne réalité bonimentée par des camelots tempérants. Mais faut qu'on vous laisse. C'est l'heure de mettre les pneus d'été au Hummer.