Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Darwinisme contre créationnisme technologiques

20 sept. 2007, 12:00

Raymond s'était assoupi, bercé par le tagada du chemin de fer. A son réveil, le convoi qui devait l'amener chez lui l'avait ramené dans le passé. Quand dans les wagons, les voyageurs fumaient encore les cigarettes vendues par le minibar. Quand les convives s'autorisaient un digestif, avant de reprendre le volant, sans boucler leur ceinture. Pas de radar, ou si peu, sur les routes où l'on circulait à cent. On dépassait des jeunes filles cheveux au vent sur des vélomoteurs poussifs. Pas de sonneries incessantes de portable, ni d'angoisse parce que personne n'appelle. Revenu à cette ère de quiétude et d'apaisement paléotempérante, Raymond voulut retirer quelque argent. Mais les banquiers étaient déjà à l'apéro. Et aucun bancomat à l'horizon pour délivrer trois billets de vingt à l'effigie d'Henri Dufour. Les magasins fermés à l'heure syndicale, le retour à la gare pour apaiser une faim naissante s'imposait. Raymond trouverait bien un surgelé chez Pooc ou un McPicsou à se baver sur la chemise. Mais la galerie marchande avait disparu. Il se replia sur un Kägi-Fret et un biberli au kiosque voisin. Ne restait plus qu'à s'avachir devant le petit écran en maudissant cette époque d'arriérés rétifs au darwinisme technologique. Las, entre l'ORTF et la télévision suisse en noir et blanc, le zapping à même le téléviseur tourna court. Raymond finit toutefois par tomber sur Derrick. De quoi s'endormir rassuré. Dans le futur, ce passé y était toujours présent.

Votre publicité ici avec IMPACT_medias