Cancer: pas le même traitement en Valais ou à Zurich

Un patient atteint d'un cancer ne recevra pas le même traitement selon son canton de résidence et selon son assurance. Par exemple un Tessinois aura une fois et demie plus de chance de suivre une chimiothérapie qu'un patient zurichois. Les Valaisans, eux, finissent plus facilement leur vie à domicile.
07 mai 2014, 18:04
Radiothérapie, chimiothérapie, soins à domicile, les traitements du cancer varient en Suisse en fonction du canton de domicile et de l'assurance.

Le traitement qu'un patient cancéreux recevra pendant son dernier mois de vie dépend principalement de l'endroit où il vit et de la façon dont il est assuré. L' âge du patient et le type de cancer jouent aussi un rôle. En moyenne, deux malades sur trois le passent à l'hôpital.

Les patients ne reçoivent pas tous le même traitement de chimiothérapie selon le canton où il réside, révèle mercredi une étude du Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer (SAKK). Au Tessin, un malade du cancer aura une fois et demie plus de chance de suivre une chimiothérapie qu'un patient zurichois.

Mourir à l'hôpital ou à la maison dépend aussi du canton où l'on vit. Les Valaisans par exemple finissent plus facilement leurs jours à leur domicile.

Le type d'assurances que l'on a contractées joue aussi un rôle. Les patients assurés en privé ou en semi-privé se verront proposer davantage de chimiothérapies, jusqu'au double, que les assurés de base. Ces patients sont aussi admis plus facilement dans les hôpitaux.

Médicalement utile?

D'autres facteurs jouent encore un rôle: plus le patient est âgé, moins on lui propose de chimiothérapie et de radiothérapie. Et les patients âgés sont moins fréquemment hospitalisés.

Les patients souffrant d'un cancer du poumon sont ceux qui ont suivi le plus de traitement par chimio et radiothérapies. Ce sont aussi eux qui sont le plus souvent hospitalisés.

L'étude laisse des questions en suspens, comme celle de savoir si les traitements étaient médicalement raisonnables. Ou si c'est plutôt le médecin ou le patient qui décide de l'ampleur des traitements.

Peu d'alternative à l'hôpital

En moyenne, 65,8% des patients atteints de cancer ont été admis pour le dernier mois de leur vie à l'hôpital. Ce taux d'hospitalisation est très élevé en comparaison internationale, selon le SAKK. Cela peut être une indication d'une forte densité d'hôpitaux en Suisse et du peu d'alternatives offertes pour finir ses jours, quand on a besoin de beaucoup de soins.

Les données de 3809 patients décédés du cancer entre 2006 et 2008 ont été compilées pour cette étude. Celle-ci a été menée en collaboration avec l'Institut de médecine pharmaceutique (ECPM), l'Université de Bâle, l'assurance-maladie Helsana et les registres cantonaux des cancers des cantons de Bâle-Ville, Tessin, Valais et Zurich.