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Bambi retrouve son père adoptif

«Le chef du Service des forêts et de la faune vient de me téléphoner. Il va m'envoyer une lettre me garantissant la garde définitive de Bambi que j'ai retrouvé mercredi dans une écurie de Charmey!» Joie incroyable que celle de Gabriel Villard, l'agriculteur de Remaufens (FR) qui s'était fait enlever, à la mi-janvier, une jeune chevrette par un garde-faune un peu trop zélé (nos éditions du 2 février reprenant «La Liberté»).

06 févr. 2006, 12:00
Quinze jours en écurie

On avait dit que l'histoire pourrait inspirer les studios de Walt Disney pour «Bambi 3», on peut y ajouter un happy end. Mais comment Gabriel Villard a-t-il pu retrouver sa protégée? «A la suite de l'article de «La Liberté» sur sa disparition, j'ai reçu un téléphone de quelqu'un de Charmey», répond l'agriculteur. «Il m'a dit que cette biche ne se trouvait pas dans la forêt de Moncor, comme le soutenait Paul Demierre, chef de la section chasse et pêche au Service des forêts et de la faune, mais... dans une écurie de Charmey!»

Selon une source proche du dossier, la jeune chevrette a séjourné une quinzaine de jours dans cette écurie. Auparavant, le garde-faune a tenté de l'introduire dans «le parc aux chamois» de Charmey où broutent des daims. Mauvaise idée: la jeune chevrette de chevreuil - ne faisant pas partie du troupeau et portant d'autres odeurs - s'est mal fait accueillir par ses nouveaux compagnons. Explication officielle fournie par Walter Schwab, chef du Service des forêts et de la faune (SFF): le garde aurait voulu l'acclimater progressivement à la vie sauvage...

Mais comme l'a dit dans nos colonnes Paul Demierre, chef de la Section chasse et pêche, un chevreuil ne supporte pas d'être enfermé. Bambi s'est mis à se cogner désespérément contre les treillis de l'enclos. Une âme charitable a dû l'en sortir presto et décision a été prise de le garder dans une écurie.

Allait-on l'y laisser longtemps? Au SFF, Walter Schwab dit ne pas être au courant de l'épisode de l'écurie. En tout cas, Gabriel Villard a réagi prestement. Le soir même du téléphone de l'informateur, il s'en est allé récupérer Bambi. «Elle m'a tout de suite reconnu et léché comme une folle», explique-t-il avec émotion. «Mais elle a changé, elle est beaucoup plus craintive». Ce qui ne l'a pas empêchée d'entrer jeudi soir dans le salon pour regarder la TV et le «Temps présent» sur la corruption...

Gabriel Villard est sur un nuage. Depuis que son aventure a paru dans la presse, il a reçu au moins quatre-vingts lettres et téléphones de soutien. Et aussi du bouillant député de Forel, Louis Duc.

Et Louis Duc intervint

«J'étais prêt à me porter garant pour ce brave homme, déclare Louis Duc. J'ai rédigé moi-même une autorisation de détenir cet animal dans l'idée de la faire signer par le conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf. Je voulais la garantie que les gardes-faune laissent tranquilles cet agriculteur et sa protégée!» Son intercession a-t-elle été entendue? Toujours est-il que le SFF ne songe plus une seconde d'enlever à nouveau Bambi à son propriétaire. «J'ai effectivement appelé Gabriel Villard pour m'assurer qu'il avait récupéré cette bête», confirme Walter Schwab. «Je ne veux pas savoir comment il l'a reprise. Simplement, on propose au propriétaire de la mettre dans un parc officiel ou alors de la garder en respectant les conditions fixées par la loi.»

Fin heureuse, donc, pour «Bambi 3» version fribourgeoise. / PAS-La Liberté

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