Bâle-Zurich: gros dégâts dans le train spécial des supporters

Vitres fracassées, lampes et rembourrages de sièges arrachés. Le train transportant les supporters du FC Zurich après le match contre Bâle a subi d'importants dégâts dimanche soir. Les hooligans ont par ailleurs actionné le frein d'urgence et envahi les voies à Pratteln.

13 avr. 2015, 16:30
Fans des FC Basel steigen beim Bahnhof Altstetten aus dem Zug, vor dem Fussball Meisterschaftsspiel der Super League zwischen dem Grasshopper Club Zuerich und dem FC Basel, am Sonntag, 24. Mai 2009, in Zuerich. (KEYSTONE/Steffen Schmidt)

Le retour à domicile, dimanche soir, des fans violents du FC Zurich après la défaite de leur club à Bâle coûtera cher aux CFF: des supporters surexcités ont causé des dégâts importants dans le train spécial les transportant. A cela s'ajoutent les coûts dus à l'arrêt d'urgence du convoi à la gare de Pratteln (BL).

"Huit vitres ont été fracassées dans le train, des joints en caoutchouc, des revêtements de lampes ainsi que des rembourrages de sièges ont été arrachés et incendiés", a détaillé à l'ats le porte-parole des CFF Christian Ginsig. Rien que les dégâts matériels s'élèvent à plusieurs milliers de francs. L'arrêt d'urgence en coûtera autant.

Les hooligans avaient actionné le frein d'urgence et envahi les voies à Pratteln. Pour des raisons de sécurité, les CFF avaient alors bloqué tout le trafic pendant une demi-heure sur la ligne Bâle-Zurich. Neuf trains ont été supprimés, d'autres ont circulé avec des retards.

Freinages d'urgence

La police cantonale de Bâle-Campagne précise qu'un train de marchandises qui traversait la gare de Pratteln au moment des faits a dû effectuer deux freinages d'urgence coup sur coup pour éviter d'écraser des supporters zurichois présents sur les voies.

La police de Bâle-Campagne a été épaulée par des policiers de Berne et de Bâle-Ville. Des représentants des forces de l'ordre ont été attaqués à coups de pierres et de pétards par les supporters zurichois. Des dégâts ont été constatés dans la gare et dans le quartier voisin, a précisé la police de Bâle-Campagne.

Dédommagements pour des vols manqués

Ces interruptions et modifications du trafic impliquent l'engagement de davantage de personnel. Les CFF doivent également faire face à des indemnisations réclamées par les clients, par exemple s'ils ont dû prendre un taxi ou manqué un avion. Enfin, des coûts sont aussi possibles pour l'usure des roues du train induite par le freinage d'urgence.

Les CFF doivent eux-mêmes prendre en charge ces coûts. "En fin de compte, les clients paient ces frais par leur billet", explique Christian Ginsig. Les CFF subissent des pertes de l'ordre de trois millions de francs par an pour le transport des fans, selon leur propre calcul.

En théorie, les auteurs de ces actes de vandalisme peuvent être poursuivis. En pratique, cela n'arrive presque jamais. "D'un point de vue juridique, nous devons prouver quelle personne a commis les dégâts. Dans un groupe de supporters, il n'est toutefois guère possible d'identifier une personne précise".

Refus du Conseil national

Le Conseil des Etats et le Conseil fédéral entendent davantage faire passer à la caisse les fans enragés par le biais d'une révision de la loi sur le transport des voyageurs. En automne dernier, le Conseil national a refusé ces mesures qui prévoyaient un assouplissement de l'obligation de transporter.

En raison de cette obligation, les entreprises ne peuvent actuellement pas exclure les supporters violents des trains, des trams ou des autobus circulant selon l'horaire régulier. La révision devait leur donner cette compétence.

Les compagnies de transport devaient en contrepartie proposer d'acheminer les fans par des trains ou des bus affrétés ou spéciaux, à des prix attrayants. Le projet du Conseil fédéral prévoyait aussi, dans certaines conditions, de rendre les clubs sportifs responsables des dégâts causés par leurs fans.

Moyen de pression

"Cette révision nous aurait donné un moyen de pression pour forcer les clubs à conclure des contrats d'affrètement avec nous", poursuit le porte-parole des CFF. L'entreprise a contacté tous les clubs de foot: "A l'exception des Young Boys de Berne, aucun n'a voulu prendre ses responsabilités", déplore Christian Ginsig.

Les YB ont passé depuis un moment déjà un contrat de coopération avec les CFF. Le club ne se porte pas garant pour les dommages corporels ou dégâts matériels, mais décharge le personnel des CFF.