On l’a lu récemment, 12 Etats européens veulent construire des barrières à leurs frontières, et ils voulaient même que Bruxelles les finance. Et l’on voit régulièrement ces images de migrants bloqués dans les forêts marécageuses à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.
En même temps, Frontex, l’agence chargée de protéger, ou disons plutôt de surveiller et de sécuriser les frontières extérieures de l’Europe, reçoit de nouveaux moyens pour perfectionner son matériel de surveillance, véhicules, avions, drones, etc. Mais il est aussi prévu d’armer ses agents. Et la Suisse participe à ce financement: le Parlement vient de décider de faire passer la subvention suisse de 24 millions à 61 millions par année!
Mais les frontières devraient servir aussi à des passages, des échanges, à accueillir celles et ceux qui nous viennent d’ailleurs
Cette évolution confirme l’étymologie: le terme «frontière» a des origines militaires. Mon dictionnaire me dit qu’il signifiait jadis «front d’une armée» et «place forte». Faut-il dès lors s’étonner de la militarisation des frontières à laquelle nous assistons?
L’Europe comme «place forte»? Le migrant, c’est dès lors l’ennemi qu’il faut repousser, avec brutalité, comme le fait Frontex, en battant et en dépouillant les migrants à la frontière entre la Croatie et la Bosnie, ou en refoulant les bateaux de migrants vers les camps de la mort de Libye.
Mais les frontières devraient servir aussi à des passages, des échanges, à accueillir celles et ceux qui nous viennent d’ailleurs. Cet usage, qui ferait de l’Europe une terre d’accueil plutôt qu’une forteresse barricadée, semble bien oublié.
Devons-nous participer, avec nos impôts, à la militarisation des frontières européennes? Un référendum contre les 61 millions suisses à Frontex vient d’être lancé. Quant à moi, je m’en vais recueillir des signatures, afin que le peuple au moins puisse dire s’il veut l’accueil ou la sécurité derrière des barbelés…


