«Y’a plus Internet», l’air du temps de Bayron Schwyn

Découvrez la chronique de notre journaliste Bayron Schwyn

22 nov. 2019, 05:30
AirDutemps-BayronSchwyn

Pas de Black Friday en Iran. Le gouvernement est plus friand du black-out. Le week-end dernier, en 24 heures, les Iraniens ont été coupés du monde. Le régime d’Hassan Rohani a ordonné la coupure d’Internet et de toutes les données mobiles. Il ne relancera la machine que lorsqu’il sera certain que le réseau ne sera pas «utilisé à mauvais escient».

C’est que depuis vendredi dernier, le pays est en proie à des manifestations contre la hausse annoncée des prix de l’essence. Des heurts violents ont éclaté entre les protestataires et les forces de l’ordre. Une sorte de mouvement des gilets jaunes, sans réseaux sociaux, ni Whatsapp. Il y a déjà eu des morts, mais on ne sait pas vraiment combien.

La population n’a même plus les moyens de savoir ce qu’il se passe dans son propre pays. Alors imaginez ce qu’on sait à l’extérieur. Trois fois rien. Chahuté par de nombreux mouvements sociaux ces dernières années, le gouvernement travaille activement au développement d’un Internet «national», indépendant du réseau mondial, centralisé et sous le contrôle des autorités. La censure dont le pouvoir rêvait existe désormais bel et bien.

«Y a plus Internet!», paniquaient les personnages de la série «South Park» dans un épisode sorti en 2008. Ce dernier dénonçait surtout l’usage vain du web. En Iran, on risque plutôt d’assister à un bain de sang quasi invisible.