Vers une hausse de l?aide aux familles

Les allocations pour enfants devraient augmenter l?an prochain dans le canton de Neuchâtel. Les deux scénarios dévoilés hier continuent à favoriser les familles nombreuses. L?un d?eux prévoit l?introduction d?une ponction salariale pour permettre une plus forte hausse des montants versés.

18 avr. 2008, 12:00

Le pouvoir d?achat des familles neuchâteloises sera renforcé dès 2009, avec des retombées sociales et économiques positives. C?est du moins ce que souhaite le Conseil d?Etat. Il a dévoilé hier un projet de législation cantonale sur les allocations familiales. Ce projet prévoit une nouvelle hausse des allocations et l?extension du droit à ces prestations aux personnes sans activité lucrative. Ce rapport fait suite à la votation fédérale de 2006 où le peuple avait plébiscité ? les Neuchâtelois à 75% ? le renforcement et l?harmonisation des allocations. Ce régime fédéral prévoit une allocation de 200 francs au minimum par enfant, avec un supplément de 50 francs pour les jeunes en formation. S?ils ne peuvent pas aller en dessous de ce minimum, les cantons restent libres d?aller au-delà. C?est ce que propose le Château.

Le Conseil d?Etat souhaite garder la compétence de fixer lui-même le montant des allocations minimales cantonales, après consultation des caisses de compensation. Mais il annonce déjà la couleur. Dans les deux variantes dévoilées hier (voir encadré), il entend maintenir la progressivité des allocations en fonction du nombre d?enfants, afin «d?apporter une aide accrue aux familles nombreuses». Autrement dit, les actuels montants cantonaux supérieurs au minimum fédéral ne seraient pas réduits.

L?une des deux variantes prévoit d?introduire une cotisation salariale de 0,5% à prélever sur le salaire des employés. Cela permettrait d?augmenter les allocations de 15% de plus que dans la première variante. Comme tout le système est en révision, les comparaisons intercantonales sont difficiles, note le Château, qui pense toutefois que Neuchâtel sera dans la moyenne.

Le Conseil d?Etat a mis ce projet en consultation, jusqu?à la mi-mai. La caisse privée Cinalfa, qui n?a pas encore reçu le dossier, ne souhaite pas le commenter. Mais, selon son directeur Jean-Luc Coinchon, le patronat est plutôt favorable au maintien d?une allocation de formation de 80 francs et à une allocation de 250 francs pour le quatrième enfant. Apparemment, il préférerait aussi le maintien du système actuel basé sur la cotisation patronale, sans prélèvement sur le salaire.

Pour l?Etat, ces projets entraîneraient des charges supplémentaires de l?ordre de quatre millions de francs par an. Mais, selon le gouvernement, cette hausse des coûts serait en partie compensée par une baisse des charges d?assistance sociale et par une augmentation des rentrées fiscales prélevées sur ces revenus supplémentaires. A noter cependant qu?une initiative parlementaire démocrate-chrétienne demande la défisc