Valérie Garbani en congé à dix jours des élections

Depuis hier, Valérie Garbani, présidente de la Ville de Neuchâtel, n'est plus à son poste. Officiellement, pour raison de santé. Difficile toutefois de ne pas lier cette absence, notamment, à l'article paru hier dans «Le Temps», où elle confirme faire l'objet d'une plainte pour «violation de domicile». Une information transmise à la presse par un courrier anonyme contenant un rapport de police confidentiel. On la savait fragile. Ses éclats nocturnes faisaient les gorges chaudes en ville. Le 1er avril, dans nos colonnes, Valérie Garbani avait reconnu ne pas avoir toujours agi de façon judicieuse sur le plan personnel. Elle laissait entendre qu'elle allait faire attention. Las, le week-end dernier, un nouvel esclandre privé lui a valu une plainte.

17 avr. 2008, 12:00

C'est «Le Temps» d'hier qui révèle l'affaire. Le journal a reçu le rapport de police relatant les faits. Or, ce genre de documents fait partie des pièces couvertes par le secret de fonction (lire les encadrés).

L'histoire: un ami chez qui elle s'incrustait a fini par appeler la police, très tôt dimanche matin, pour la faire expulser de chez lui. Dans «Le Temps», Valérie Garbani reconnaît les faits. Elle était ivre. Elle a été embarquée par la police pour être entendue. Et, surtout, elle révèle qu'elle a «subi à plusieurs reprises des violences domestiques». Elle rejette l'interprétation selon laquelle elle serait en dépression. Mais, reconnaît-elle, «ce qui est sûr, c'est que je suis fragile psychiquement». Elle dit toutefois qu'elle prend «des antidépresseurs» et «un médicament assez fort contre le psoriasis». Enfin, avoue-t-elle, «après un ou deux verres d'alcool, je ne vais pas bien et je perds le contrôle. Cela m'empêche de bien gérer ma vie privée. Mais le reste du temps, ça va. J'assume ma fonction.»

L'élue, injoignable hier, dénonce par ailleurs la violation du secret de fonction dont elle est victime, pour la deuxième fois en quelques semaines. Début février, en effet, un premier «fichet» policier la concernant avait circulé. Il faisait état de la découverte du portemonnaie de Valérie Garbani dans un appartement fouillé par la police dans le cadre d'une opération antidrogue. Mais elle dément formellement être une consommatrice de drogue. Elle s'était trouvée dans cet appartement au cours d'une soirée où s'étaient disputées des parties de poker.

L'affaire survient à dix jours des élections communales. Ces révélations vont-elles définitivement compromettre les chances de réélection de l'élue socialiste? Mathieu Béguelin, président de la section locale du PS, avoue ne pas savoir quelle sera la réaction des électeurs. «Personnellement, j'aurais plutôt tendance à voter pour quelqu'un que l'on essaie de «déguiller» pour des raisons non politiques!»

Quant aux présidents des autres groupes représentés au Conseil général, ils ne montrent aucune volonté de se saisir politiquement de cette affaire. Pas même l'UDC. / LBY