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«Vertueuse» Suisse

Selon le rapport de Transparency International, les entreprises suisses sont celles qui soudoient le moins. Mais elles pourraient faire mieux... Les entreprises suisses sont celles qui recourent le moins à la corruption, selon un classement réunissant 30 pays exportateurs établi par Transparency International. Mais l'organisation non gouvernementale (ONG) dénonce l'hypocrisie ambiante.

05 oct. 2006, 12:00

La Suisse est entourée sur le podium par la Suède (2e) et l'Australie (3e), a indiqué hier Transparency International. Si les économies les plus riches occupent les dix premières places du classement, des puissances comme le Japon (11e), la France (15e) ou l'Italie (20e) occupent des rangs moins favorables.

Un usage bien ancré

L'ONG avertit avec vigueur que le versement de pots-de-vin à l'étranger par des entreprises exportatrices demeure une pratique courante, y compris de la part des plus grands pays exportateurs. Et ce malgré l'existence d'instruments internationaux de lutte contre la corruption qui érigent ces comportements en infractions.

Pour Transparency International, ces entreprises compromettent les efforts réels des gouvernements des pays en développement pour améliorer la gouvernance. De plus, elles entretiennent le «cercle vicieux» de la pauvreté.

Quant aux cinq dernières places du classement, elles reviennent à Taïwan (26e), la Turquie, la Russie, la Chine et l'Inde (30e). Dans le cas de la Chine, il apparaît notamment que les efforts entrepris pour renforcer la lutte intérieure contre la corruption n'ont pas réussi à s'étendre à l'étranger.

Fort de ce constat, David Nussbaum, directeur général de l'ONG, dénonce l'hypocrisie généralisée qui caractérise le milieu. D'un côté, les gouvernements des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) expriment leur attachement «de pure forme» à l'application de la législation. Les faits sont tout autres et «la lecture du bilan est aussi brève que décourageante», a-t-il relevé, cité dans le communiqué. Les entreprises des pays riches continuent à verser des pots-de-vin à travers toute la planète.

Reste que des moyens d'action existent, à commencer par des lois nationales se conformant à des normes de l'ONU ou de l'OCDE.

Mise en garde

La Suisse domine le classement avec un score de 7,81 (un score de 10 indiquant la perception d'une absence de corruption, un zéro révélant une corruption endémique), alors qu'elle pèse 1,2% des exportations mondiales. L'Allemagne, son principal partenaire économique, se place septième.

L'Inde affiche, elle, un score de 4,62 avec une part de 0,9% aux exportations mondiales. A propos de la Suisse, Transparency International relève qu'elle «arrive certes en tête, mais avec un score loin d'être parfait». Et de conclure: «Les niveaux de corruption varient d'un pays à l'autre, mais personne n'en sort vainqueur». / ats

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