Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Venezuela: un pas de plus vers l'autoritarisme

Lundi, le Venezuela a étendu les pouvoirs du président en matière de sécurité, distribution alimentaire et énergie, juste après que ce dernier ait proclamé l'état d'exception vendredi. Des comités composés de citoyens se voient dotés de pouvoirs de surveillance et de maintien de l'ordre, afin de garantir la sécurité et la souveraineté du pays.

17 mai 2016, 07:53
Le président bénéficie provisoirement de pouvoirs plus étendus, notamment en matière de sécurité.

Le Venezuela a fait un pas de plus vers l'autoritarisme en étendant lundi les pouvoirs du président en matière de sécurité, de distribution alimentaire et énergétique. L'homme avait déjà proclamé l'état d'exception vendredi. L'opposition a appelé la population à descendre dans la rue.

Coupures d'électricité quotidiennes, services publics ouverts uniquement deux jours par semaine, pillages de commerces, pénuries et lynchages: le pays pétrolier sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d'une coalition d'opposition aux élections législatives, fin 2015.

 

 

Le bras de fer entre chavistes (du nom du président défunt Hugo Chávez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolás Maduro) et anti-chavistes s'est intensifié depuis que l'opposition a rassemblé au début mai 1,8 million de signatures pour lancer le processus du référendum pour révoquer le président. Elle espère l'organiser d'ici fin 2016.

Dénonçant des "menaces extérieures", le socialiste Maduro a décrété "l'état d'exception", annoncé la saisie d'usines et ordonné "des exercices militaires nationaux des forces armées, du peuple et de la milice" pour se "préparer à n'importe quel scénario".

Affrontements civils

A travers le décret publié lundi, le gouvernement étend durant 60 jours ses prérogatives en matière de sécurité et de distribution alimentaire. L'armée et la police ont pour ordre de "garantir la distribution et la commercialisation des aliments et des produits de première nécessité".

Des comités locaux de citoyens, récemment créés, se voient dotés de pouvoirs de "surveillance" et de "maintien de l'ordre" pour "garantir la sécurité et la souveraineté du pays". Certains experts soulignent le risque pour les libertés individuelles et pointent le risque d'affrontements civils.

Côté distribution et gestion énergétique, le dirigeant vénézuélien a désormais la faculté de réguler la journée de travail dans le secteur privé, et plus seulement dans le public, où les services ne sont ouverts que deux jours par semaine, jusqu'au 27 mai, pour économiser de l'énergie.

"Ce gouvernement agit de manière autoritaire pour se maintenir au pouvoir", a déclaré lundi le député d'opposition Tomas Guanipa.

A l'image de l'opposition, les experts pointent le risque "d'explosion" du pays alors que sept Vénézuéliens sur dix réprouvent la gestion de leur président, selon un sondage de l'institut Venebarometro.

Le pays a subi en 2015 une inflation de 180,9%, une des plus élevées au monde, et un recul du PIB de 5,7%, pour la deuxième année consécutive.

Votre publicité ici avec IMPACT_medias