Une famille se déchire autour d'accusations de viol

Un homme comparaissait hier devant le Tribunal correctionnel du Val-de-Travers, pour actes d'ordre sexuel avec une enfant, contraintes sexuelles et viols. Dénoncé par sa belle-fille, il a déjà été jugé et condamné en janvier 2008 par le Tribunal correctionnel de Neuchâtel. Un jugement cassé en décembre 2008 et qui n'a toujours pas trouvé d'épilogue.
15 janv. 2010, 10:50

Un témoin jugé important par la défense a fait faux bond, hier, au Tribunal correctionnel du Val-de-Travers, repoussant à une date ultérieure le jugement après cassation d'un homme accusé d'actes d'ordre sexuel à l'encontre de sa belle-fille.

Les faits qui sont reprochés à Pedro*, un ressortissant portugais installé en Suisse depuis 1991, se seraient produits entre 1999 et 2003. Agée de 13 ans au début des faits, Maria*, la fille de son épouse, vivait en Suisse depuis un peu plus d'une année. Elle et son demi-frère Jorge* sont nés au Portugal, où ils ont été élevés par leurs grands-parents jusqu'à ce qu'ils rejoignent Pedro et son épouse dans la région de Neuchâtel.

Si les premiers temps tout se passait admirablement entre Pedro et sa belle-fille, aux dires de Maria, leur relation a gentiment dégénéré. «Il a commencé par vouloir que je l'embrasse sur la bouche, puis s'en sont suivis des attouchements et finalement des relations complètes, avec préservatif.» Et ce jusqu'à la naissance du second enfant de sa mère et de son beau-père en 2003. Des accusations entièrement réfutées par Pedro, soutenu par la mère de Maria et leur fils Jorge.

Ce n'est qu'après l'arrêt de ces actes présumés que les relations entre Maria et Pedro se sont visiblement détériorées. L'adolescente a alors 17 ans, elle cumule les mensonges, vole, ne respecte pas les horaires qui lui sont imposés et fréquente des garçons qui ne sont pas du goût de celui qu'elle appelle «papa». Pedro la restreint dans ses sorties, s'immisce dans sa vie privée en la surveillant et en fouillant dans son natel.

En octobre 2005, elle fait une tentative de suicide, après que sa cousine ait trahi une de ses confidences sur sa prétendue relation avec un homme marié. S'en suivent deux séjours à Perreux. C'est au cours de son second passage dans l'institution, après une violente altercation entre son beau-père et son copain de l'époque, qu'elle confie à une thérapeute que Pedro a abusé d'elle. Elle refuse toutefois de porter plainte, de peur de briser sa famille. Un choix que respecte l'institution, non sans convoquer mère et beau-père pour une thérapie familiale. Lassés que Maria ne vienne jamais aux séances, les parents y renoncent rapidement.

Bien que sa mère ne la croie pas, elle conserve des liens avec elle durant un certain temps. Elle se rend même dans l'appartement familial qu'elle a quitté, en l'absence de Pedro, pour y voir sa petite sœur. «Mais ma mère s'est peu à peu éloignée et m'a demandé d'effectuer mon changement d'adresse», déplore Maria, ainsi privée de tout contact avec sa famille.

Poussée par son ami, elle décide de porter plainte en été 2006. En janvier 2008, Pedro est jugé coupable d'actes d'ordre sexuel avec une enfant, d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante et de contraintes sexuelles par le Tribunal correctionnel de Neuchâtel. Le viol au sens juridique du terme n'a pas été retenu, la plaignante ne s'étant pas défendue. Il a écopé d'une peine privative de liberté de trois ans, dont huit mois ferme, le solde étant assorti d'un sursis de trois ans.

Un jugement contre lequel il a fait appel, et que la Cour de cassation a invalidé en décembre de la même année, en demandant une instruction plus approfondie, notamment l'audition d'un certain nombre de témoins.

Parmi eux figurait une amie de Maria, à laquelle elle aurait pour la première fois confié avoir été abusée, sans préciser par qui. La jeune femme n'a malheureusement pas daigné se déplacer, raison pour laquelle l'audience a été suspendue jusqu'à ce qu'elle soit entendue. /FNO

* Prénoms d'emprunt