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Tirs obligatoires

Tornade, choc, séisme, gloutonnerie hurlante, magie noire, nerfs à vif, humeurs en vrac, carrefours des sons improbables, dadaïsme rythmique, bris de verres, bulles de savon. Ou plutôt Koch-Schütz-Studer, trois gueules biennoises burinées par l'utopie d'un son omnipotent, que l'avant-garde nippone vénère et qu'on regarde encore de travers du côté du Grütli.

25 févr. 2006, 12:00

L'Other Jazz festival nous a offert en pâture le groupe le plus soudé et le plus taré de la scène improvisée d'Helvétie. «Hardcore Music Chamber» en ce mercredi soir au théâtre du Pommier, ou plutôt Hans Koch au saxophone ténor, à la clarinette basse et à l'électronique, Martin Schütz au violoncelle électrique et à l'électronique, et Freddy Studer aux percussions. La proposition en tant que telle séduit énormément et les improvisateurs avaient convié l'exceptionnel chanteur bruitiste et déménageur vocal Phil Minton.

En très peu de temps l'ambiance naît, grouillante, festive, syncopée, hypnotique. Freddy Studer frappe, Martin Schütz confronte le crin et la corde en tordant son archet, la bouche de Phil Minton s'accroche à l'onomatopée et se débat avec d'indéchiffrables logos linguistiques, Hans Koch dirige une anche à la bouche et une main sur sa machine diabolique. Le son est tellurique, plus un espace qui ne suinte pas la musique. La machine tourne incroyablement entre rock expérimental, techno hybride et jazz incantatoire. Une musique pour le corps, qui s'adresse à toutes vos pulsions, aux cris refoulés, aux prières hallucinées, aux derniers verres de la soirée, aux cendres illicites. Deux morceaux, de la poudre abrasive dans l'estomac des idées convenues. Expérimental et magistral.

L'Other Jazz se termine ce soir. / ACA

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