Quorum électoral remis en cause

22 oct. 2010, 04:15

«C'est une motion populaire qui ne donne pas de solution.» Didier Rochat, président de la section neuchâteloise du Parti évangélique, le PEV, et Mauro Nanini de l'Entente cantonale neuchâteloise, l'ec-ne, veulent que la question soit débattue. Les deux formations ont déposé une motion populaire, munie de plus de 200 signatures, qui demande de revoir le mode électoral dans le canton.

«Durant les dernières élections cantonales en 2009, 1995 personnes ont voté pour les petits partis (réd: environ 4,5% sur tout le canton). Ils ont été poubellisés», s'insurge Mauro Nanini. Le quorum dans le canton de Neuchâtel est fixé à 10%, tant pour les élections cantonales que communales. C'est le plus haut de Suisse. «Les circonscriptions basées sur les districts péjorent encore ce quorum, puisque dans les districts du Val-de-Travers et du Locle il atteint respectivement 12,5% et 11,1%. Ce quorum est appelé naturel», dénoncent PEV et ec-ne. Ils estiment que le système prétérite les six nouvelles formations politiques qui ont fait leur apparition dans le canton depuis six ans. Didier Rochat estime que la double proportionnalité serait une bonne piste. Ce système, appliqué à Zurich, Schaffhouse et en Argovie, aurait permis lors des dernières cantonales aux Verts et à l'UDC d'obtenir un siège supplémentaire. Mieux, selon le président du PEV, les petits partis centristes auraient fait leur entrée au Grand Conseil.

Ce dernier devra se pencher sur cette motion populaire. «Il y a des Verts et des popistes qui ont signé. Les députés peuvent faire une réflexion là-dessus. C'est un premier pas», analyse Didier Rochat. «Que ça passe au Grand Conseil, ça permettrait d'avoir un rapport, de discuter», renchérit Mauro Nanini. «Je fais confiance aux députés.» /dad