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Mort de Borowczyk, auteur pornographe

Le cinéaste Walerian Borowczyk est décédé vendredi à la suite de complications cardiaques dans un hôpital de la région parisienne, a annoncé dimanche l'un de ses proches. Borowczyk a notamment réalisé les «Contes immoraux» (1974).

07 févr. 2006, 12:00

Né en 1923 à Kwilcz, en Pologne, Walerian Borowczyk était un artiste polyvalent, peintre, graphiste, écrivain, mais surtout cinéaste de l'érotisme, doué, selon André Breton, d'une «imagination fulgurante».

Après avoir terminé ses études à l'Académie des arts de Varsovie en 1951, il avait obtenu en 1953, le Grand Prix national du graphisme pour ses affiches de cinéma. Il réalise quelques courts métrages d'animation à partir de 1946, mais sa notoriété débute en 1957, avec le film d'animation «Byl Sobie Ras...» (Il était une fois...), qu'il réalise en collaboration avec Jan Lenica.

Surréaliste et cauchemardesque

Il bouleverse le cinéma d'animation en y introduisant un humour noir, des gags surréalistes et une technique nouvelle fondée sur les découpages. Jan Svankmajer, les frères Quay ou encore Terry Gilliam, s'inspirent de ses films.

Remarqué pour le caractère surréaliste et cauchemardesque de son oeuvre, il s'installe en France, à Paris, où il collabore avec Chris Marker pour «Les Astronautes» (1959) et réalise d'autres films d'animation, comme «Renaissance» et «Le Jeu des anges». En 1963, il crée son premier long métrage d'animation, «Le théâtre de M. et Mme Kabal».

En 1967, il délaisse l'animation pour la fiction en prises de vue réelles et réalise Gavotte (1967) et Dyptique (1967). Suivent deux longs métrages «Goto, l'île d'amour» (1968) et «Blanche» (1971), qui marquent un tournant dans la carrière de Borowczyk. Dans ses deux films, il pose les jalons d'un cinéma où l'évocation sans détours de la sexualité et sa représentation par l'image sont au centre de l'intrigue La nudité féminine encore à l'état embryonnaire dans «Blanche» s'affiche sans ombrage dans les films qui suivent.

On lui doit aussi «Emmanuelle 5»

En 1974, sort son premier film ouvertement érotique (interdit aux moins de 16 ans à sa sortie), «Contes immoraux» (avec notamment Fabrice Luchini et Paloma Picasso), un aperçu de la sexualité à travers les âges en quatre épisodes, qui est aussi une sorte de manifeste.

Il retourne en Pologne pour tourner «Dziejz Grechu» (L'Histoire d'un péché), puis revient en France avec «La Bête» (1975), qui présente des scènes d'accouplements équins et de masturbations si provocantes que les spectateurs quittent parfois la salle.

Il tournera ensuite en 1977 en Italie «Intérieur d'un couvent», où sa femme joue le rôle principal d'une religieuse cloîtrée et moraliste confrontée à des coreligionnaires en proie aux tourments de la chair. On lui doit aussi «Emmanuelle 5», le cinquième film sur les sulfureuses aventures de l'héroïne, marqué par un érotisme sombre et cruel. / ATS

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