Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Marilyn Manson se la joue fée verte

«Mansinthe by Marilyn Manson». La star rock s'offre sa propre absinthe, produite dans une distillerie bernoise. Ce n'est pas vraiment du goût des producteurs du Vallon. Combien a-t-il réservé de bouteilles pour lui? Pas mal... Beaucoup...», élude au bout du fil Markus Lion, distributeur allemand qui fait dans l'absinthe exclusivement. Lui, c'est Marilyn Manson, star américaine en métal hurlant, icône gothic sulfureuse et... grand amateur de fée verte. Le négociant l'approvisionne depuis cinq ans. Et vend maintenant la Mansinthe, la cuvée spéciale du Monsieur au look androgyne.

16 sept. 2007, 12:00

A LA (Los Angeles), l'histoire serait banale. Ici non. L'idée d'un label d'absinthe à son nom trottait visiblement depuis un moment dans la tête de Manson. On lit sur internet qu'il espérait sortir sa marque pour Noël, «afin que les parents puissent en offrir à leurs enfants» (!). Las... La star trop occupée, l'affaire a pris du temps. La bonne fée s'est imposée à l'esprit de l'artiste avant une expo de ses aquarelles - oui, il peint - à Cologne en juin. A 100 à l'heure, la distillerie familiale Matter-Luginbühl à Kallnach (BE), qui travaillait sur le projet avec Markus Lion, a dû livrer dare-dare 80 bouteilles pour le vernissage. Une des aquarelles de Marilyn Manson représentait le chanteur devenu décati (et vert) en train de déguster une absinthe. C'est devenu l'étiquette de la Mansinthe. Et c'était parti sur les chapeaux de roues. En août, 6000 bouteilles ont été produites à Kallnach, en particulier pour l'Australie où Manson sera en tournée. «C'est plus que notre production pour toute l'année passée. Nous avons dû quasiment travailler 24 heures sur 24», raconte Nicole Matter.

L'aventure de la Mansinthe laisse «un peu de marbre» Yves Kubler, l'un des deux producteurs à 100% du Val-de-Travers. Il balance entre l'intérêt pour l'absinthe que suscitera le coup de Marilyn Manson et son image «qui n'est pas forcément celle que je véhiculerais».

Son collègue distillateur Claude-Alain Bugnon a eu des échos de la Mansinthe d'un tenancier de bar à absinthe. «Il m'a dit que c'est une absinthe verte qui trouble peu, au goût un peu étrange, mais pas très spectaculaire, en tout cas par rapport à celles du Val-de-Travers.» Mais le goûteur a reconnu que ce n'est pas une de ces mauvaises absinthes tchèques, «c'est déjà ça».

Pour Claude-Alain Bugnon, la Mansinthe est une marque de plus parmi les 300 sortes d'absinthe produites, «dont 90% n'en ont que le nom». Son marché est de niche et ses débouchés sont presque limités à internet. «Pour nous, l'absinthe doit être faite avec des herbes qui poussent au Val-de-Travers ou dans la région, «ce qui fait sa typicité».

A Kallnach, Nicole Matter, quatrième génération de distillateurs d'eau-de-vie, est un peu piquée. «La recette de la Mansinthe est simple, c'est juste.» Sinon, elle ne pourrait être produite en grande quantité. Mais elle est absolument naturelle, même sa coloration verte. Elle rappelle que Matter-Luginbühl a été distingué en 2006 et 2007 à Londres par une médaille d'or puis d'argent à la International Wine and Spirit Competition pour sa gamme de prestige Duplains. «Toutes les herbes ne sont pas au Val-de-Travers.»

A quand une large dégustation au Val-de-Travers, patronnée par Marilyn Manson? / RON

Votre publicité ici avec IMPACT_medias