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Les pluies, utiles aux nappes, ont inondé des cultures

Il est tombé en une semaine et demie plus du dixième du volume des pluies qui arrosent normalement la région neuchâteloise en une année. Si les dégâts aux cultures restent pour l'heure limités, il ne faudrait pas que de nouvelles précipitations noient des terres déjà gorgées d'eau. Les cultivateurs regardent le ciel avec une certaine inquiétude. «La situation est extrême, plusieurs champs de blé d'automne de l'Entre-deux-Lacs sont inondés», explique Cédric Barben, à Cornaux. «Si l'eau ne se retire pas dans les deux ou trois jours, ce sera fichu, il faudra replanter. Sans compter qu'avec ce sol détrempé, nous ne pouvons pas aller en tracteur pour soigner les cultures.»

08 mars 2007, 12:00

C'est que les pluies ont été fortes depuis le 24 février, diluviennes mêmes entre le 28 février et le 2 mars. Globalement, l'état des cultures reste normal, évalue Michel Horner, à l'Office phytosanitaire cantonal. Cependant, bien des parcelles éparses sont menacées d'asphyxie ou de pourriture. «L'eau qui a submergé le fond du Val-de-Travers s'est partiellement résorbée, mais ça devient limite», constate Frédy Bigler, gérant de la société régionale d'agriculture, à Môtiers. «Comme tout est gorgé d'eau, de nouvelles pluies risqueraient d'inonder les terres. Et il ne faudrait pas que les pousses de blé et d'orge restent plus de 48 heures sous l'eau.»

Tout le monde s'accorde sur un point. Heureusement que les céréales plantées en automne dernier ont bénéficié d'un hiver favorable. Et sont donc solides. Leur bon enracinement a également contribué à freiner le glissement du sol. Il faut dire aussi qu'avec le temps humide et doux de ces derniers mois, la terre n'était ni gelée ni croûté, ce qui a limité le ruissellement en surface.

Pour les maraîchers, notamment grâce aux drainages opérés dans les grands marais du Landeron, la situation ne semble pas catastrophique. Malgré tout, comme la sécheresse, la poursuite de fortes pluies pourrait vite devenir un problème. «Trop d'eau asphyxie les salades, ou les fraisiers», témoigne Jean-Dominique Roethlisberger, à Thielle. En plus de pertes directes, un excès durable d'humidité pourrait bloquer la croissance des fruits et légumes, jusqu'ici un peu en avance, et créer ainsi des trous sur le marché indigène.

Si les consommateurs ne le comprennent pas toujours, les cultivateurs, eux, savent qu'ils doivent vivre avec les sursauts de la nature. Deviendront-ils plus fréquents? / AXB

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