Les nouvelles sources du bien-être contemporain

La concurrence de pays plus exotiques et l'évolution des mœurs ont incité les centres thermaux helvétiques à se renouveler et à davantage proposer des soins qui allient bien-être et détente. Plongée dans les Bains d'Ovronnaz.
06 janv. 2010, 07:59

Dans les domaines de la rhumatologie, des voies respiratoires et des traitements des maladies de la peau, les cures ont fait leurs preuves. Mais, aujourd'hui, les stations thermales ne peuvent plus se reposer sur ces succès. A Ovronnaz, les curistes ne représentent plus que 3% de la clientèle. Pour assurer sa pérennité, régater face à de nouvelles destinations orientales, le thermalisme suisse se positionne de plus en plus dans l'univers de la détente et du bien-être. Il est désormais possible de partir en cure de remise en forme, en cure d'amincissement ou en cure anticellulite. Ces séjours, plus ou moins médicalisés, plus ou moins condensés dans le temps, sont très tendance.

Les stations thermales n'en demeurent pas moins des lieux de soins privilégiés où les curistes sont accueillis dans un environnement paisible, mêlant le repos à la convivialité.

Les cures séduisent désormais pour leur capacité de délassement et de détente. «L'écrasante majorité de la clientèle opte pour de courts séjours pour se remettre en forme, s'accorder un break, affiner sa silhouette ou se relaxer», observe Olivier Foro, directeur marketing des Bains d'Ovronnaz.

Fréquentés auparavant uniquement pour raisons médicales, les centres thermaux se sont ouverts à un large public, féminin en premier lieu, avec des cours d'aquagym et des soins wellness et de beauté; familial ensuite, en acceptant souvent d'accueillir dans leurs bains de jeunes enfants. Désormais coexiste dans ces centres une clientèle hétéroclite composée de patients dont les soins sont pris en charge par les caisse-maladie, de cadres stressés en quête de relaxation et de familles cherchant une activité de loisir pour le week-end.

Si l'hôtellerie doit aujourd'hui s'équiper de services d'instituts de beauté et de fitness pour répondre à la demande, il en est de même pour les centres thermaux. Ceux-ci doivent allier à leur vocation thérapeutique une dimension touristique pour s'attirer la plus large clientèle possible. Ovronnaz, par exemple, s'appuie sur deux points forts: ses soins axés sur les plantes (lire ci-dessous) et sa situation dans un cadre naturel, bénéficiant d'un ensoleillement unique.

L'axe «bien-être» est mis en avant, au travers du centre wellness et de ses spécificités. «La phytothérapie, c'est ce qui nous démarque et qui donne de la valeur ajoutée à notre offre», observe Olivier Foro. Ainsi, du point de vue du thermalisme, le complexe valaisan reste dans la course grâce à son offre originale et face à des concurrents du pourtour méditerranéen qui ne peuvent pas prétendre à une telle proximité, à des soins identiques ou à une vue imprenable sur les montagnes environnantes.

Et, ce qui ne gâche rien, en ces périodes hivernales, le centre thermal propose des forfaits ski-bains. De quoi se délasser après une journée passée sur les lattes ou de quoi s'occuper si le temps ne permet pas d'arpenter les pistes du domaine tout proche. /NHA

L'armoire à tisanes vaut bien l'armoire à pharmacie

Pour se démarquer de la concurrence, les Bains thermaux d'Ovronnaz misent sur deux points forts: leur emplacement dans un cadre naturel au cœur des Alpes et la spécificité d'un secteur bien-être qui fait la part belle au pouvoir des plantes en provenance du Maroc. A la tête de cet espace wellness depuis une douzaine d'années, un phytothérapeute passionné et de renom: le Français Jean-Jacques Descamps. Soucieux de soulager autrui, ce Gascon chaleureux, avisé et plein de bon sens, met ses connaissances au service des gens qui souhaitent vivre mieux et mieux se porter. Interview.

Monsieur Descamps, vous n'êtes jamais malade?

Non (dit-il, tout sourire et en touchant du bois). Mais si j'avais à souffrir d'une infection, je prendrais des antibiotiques.

Vous êtes donc la preuve vivante que la phytothérapie, ça fonctionne?

Pas de doute et elle révèle toute sa dimension dans le domaine de la prévention. Il y a quelques années, une institutrice a donné durant l'hiver à tous ses élèves une tisane de thym sucrée au miel. Elle a enregistré 7 à 8 fois moins d'absences que dans les autres classes de son école. On parle beaucoup des coûts de la santé. Une politique de prévention digne de ce nom aurait sans aucun doute des conséquences visibles sur la consommation des médicaments allopathiques, tout en améliorant le confort de vie de tout un chacun. Imaginez qu'avec une simple décoction d'aubier de tilleul - un litre à boire durant la journée, trois fois par mois -, on réduit de 90% le risque de récidive des coliques néphrétiques.

L'armoire à tisanes peut donc remplacer l'armoire à pharmacie?

Pour autant qu'on utilise que des plantes non traitées, exemptes de pesticides et de fongicides. Préférez aux feuilles broyées les feuilles entières, et conservez-les à l'abri du soleil, de la chaleur et de l'humidité. Mais gare à l'automédication. Les produits naturels ne sont pas à prendre à la légère, même lorsqu'ils sont proposés en vente libre. Et, attention, les plantes peuvent avoir des effets puissants. A contrario, les plantes réduites en gélule ou broyées perdent 80% de leurs qualités.

Tant de mises en garde…

Ce n'est pas pour décourager, mais pour inciter tout un chacun à adopter un comportement responsable et vigilant eu égard à la puissance et à la complexité des plantes. Ceci dit, les médicaments naturels ont indiscutablement leur place dans notre pharmacie du bon dieu à condition toutefois que nous sachions les utiliser dans les règles de l'art. Et n'oubliez pas que la phytothérapie ne remplace pas un traitement médical, mais peut le compléter.

Le public est aujourd'hui plus sensible à la médecine naturelle?

Oui. Sans vouloir critiquer la médecine officielle, toujours est-il qu'elle a échoué. Il n'y a jamais eu autant de cancers ou d'allergies. Et on va même être de plus en plus confrontés à des virus comme celui de la grippe porcine. La solution à long terme est l'augmentation de l'efficacité de nos défenses naturelles. Et la solution, pour y arriver, est à portée de main. /nha

Avec l'implantation du centre thermal, la station valaisanne d'Ovronnaz a plongé dans les eaux du succès

Ouvert à Noël 1990, le centre thermal appartient à trois actionnaires privés, deux Valaisans et un Anglais. En 20 ans, le nombre de nuitées a quasiment triplé et le nombre d'habitants au village a, lui, doublé. Pour faire face à la demande croissante, deux résidences sont venues s'ajouter aux trois initiales et le nombre de bassins est passé de un à trois. L'infrastructure devrait encore se développer. En projet: la construction de trois immeubles, dont un hôtel, et d'un nouvel espace sauna-hammam. /nha