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Les murs s'expriment et s'exposent à Lausanne

Le Musée de design et d'arts appliqués contemporains de Lausanne et le musée de Pully célèbrent le retour des papiers peints, alors que le musée de Prangins nous fait voyager dans le passé, afin de découvrir comment les Suisses décoraient leurs murs.

10 déc. 2010, 12:26

L'ambitieuse exposition «Face au mur. Papiers peints contemporains» de Lausanne présente des œuvres de plus de 50 artistes et designers du monde entier, dont Andy Warhol, Damien Hirst et Virgil Marti. L'exposition organisée par Marco Costantini, explore le message transmis et les techniques de ce média.

Durant les 15 dernières années, le papier peint s'est frayé un chemin pour reprendre le dessus sur les murs blancs. Il a ainsi entrepris sa «révolution» en s'efforçant de jouer un rôle plus significatif, explique Marco Constantini. «Mais, ça reste toutefois ambigu», dit-il à swissinfo.ch. «Est-ce une œuvre d'art ou de la simple décoration. Êtes-ce qu'on fait l'acquisition d'une œuvre de Damien Hirst ou un papier peint décoré par Damien Hirst?» Habituellement, on considère le papier peint comme de la décoration. Il est partout présent et en même temps invisible, mais lorsque des artistes l'utilisent come support, il commence à «parler», ajoute Constantini.

L'exposition dans les deux musées regroupe 13 thèmes différents, dont la politique, la société de consommation, les emballages, les motifs damassés, les nouvelles technologies et les tendances, les motifs conceptuels, hybrides ou répétitifs.

En 1966, Andy Warhol présenta sa célèbre «vache», une vache rose sur fond jaune, décorant une pièce entière de la galerie Leo Castelli de New York. Selon l'artiste, le choix du papier peint en tant que support à son œuvre était justifié: «J'aime les choses ennuyeuses. J'aime que les objets soient toujours semblables et se répètent encore et encore.» Le Musée de design et d'arts appliqués contemporains (Mudac) a dédié une paroi entière à Andy Warhol et son papier peint «Mao» de 1974, représentant le président Mao Zedong en violet dans des formes ovales. Ici ce n'est pas uniquement la répétition du motif qui est intéressante, l'œuvre est également perçue comme outil de propagande et de contrôle social. D'autres artistes engagés, tels que Francesco Simeti, Parastou Forouhar et General Idea, dénoncent, au travers de leurs «papiers peints», les injustices sociales, politiques et raciales. Au Musée de Pully, une paroi entière est recouverte par les blocs de couleurs des «Inflammatory Essays» (Essais inflammatoires) de Jenny Holzer, une série d'écrits publiés entre 1979 et 1982, aux idées extrémistes qui invitent au débat.

L'œuvre de l'artiste allemand Rudolf Herz, le «Zugzwang», est une de plus marquantes ici, avec un échiquier représentant des portraits d'Adolf Hitler et de l'artiste avant-gardiste Marcel Duchamp côte à côte, réalisés par le même photographe dans les années 1920. Ailleurs, l'artiste parisien Claude Closky crée des images à répétition de biens de consommation en deux couleurs qui frappent l'esprit tout en délivrant un message social.

D'autres points forts jalonnent encore l'exposition: les canettes de bière de Virgil Marti rendent hommage au Pop Art et aux boîtes de soupe Campbell et bouteilles de Coca-cola d'Andy Warhol. Son autre œuvre «Bullies'» une revanche humoristique sur les tyrans de son enfance, est la pièce la plus chère de l'exposition, évaluée à 8000 francs pour une paroi.

Parmi les résultats les plus inattendus, la création de l'artiste allemande Brigitte Zieger propose une déformation technologique des motifs de la Toile de Jouy en créant un papier peint mobile. Elle projette des images d'un char en mouvement, des formes qui explosent, le tout agrémenté d'effets sonores. /SBR

Lausanne, Mudac et Musée de Pully, jusqu'au 13 février. L'intégralité de l'article est disponible sur www.swissinfo.ch

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