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Les maths enfin réconciliées avec la société

L'Université de Neuchâtel fête cette année ses 100 ans. A travers une série de portraits d'enseignants, étudiants, chercheurs et collaborateurs, nous voulons montrer qu'elle sait parler un langage simple et actuel et que ses acteurs la font rayonner non seulement dans la région, mais souvent sur la scène internationale. Aujourd'hui, Paul Jolissaint explique à quoi servent les mathématiques.

12 août 2009, 08:26

Paul Jolissaint, vos étudiants se destinent-ils uniquement à l'enseignement? Que peut-on bien faire après des études de maths?

Les débouchés sont plus nombreux qu'on ne le croit. L'Office fédéral de la statistique engage des mathématiciens, ainsi que les fiduciaires, dans le domaine de l'actuariat. La branche de la sécurité, aussi, avec la cryptographie, ou encore ce qui a trait à la compression d'images. Les applications sont nombreuses. Même la météorologie emploie des mathématiciens.

Des maths pour prévoir le temps qu'il fera?

Mais oui, d'ailleurs si la fiabilité des prévisions s'est considérablement améliorée ces dernières années, c'est grâce aux progrès réalisés dans la puissance de calcul. On pourrait même être encore meilleurs.

Vous souhaitez rapprocher davantage les mathématiques de la société. Par quel biais?

Nous avons lancé un cycle de conférences baptisé justement «maths et société» et qui est ouvert aux étudiants, aux enseignants des lycées ainsi qu'à toute personne intéressée. Une dizaine d'exposés ont déjà permis d'aborder des sujets tels que la crise financière ou l'informatique au service de la société. J'espère pouvoir cette année évoquer l'application des maths à la biologie ou à la médecine (réd: programme à l'adresse www..unine.ch/math).

Et vous, pourquoi avez-vous choisi les maths?

L'envie d'apprendre, de comprendre, de chercher... En fait, j'avais effectué une maturité littéraire à Porrentruy avant de choisir la voie maths et physique à Genève, où un accent particulier était mis sur la physique mathématique, ce qui m'intéressait. Une bourse du Fonds national m'a permis d'effectuer ensuite une année à l'Université de Californie, d'où je suis revenu pour des raisons familiales, puisque j'avais entre-temps eu deux enfants.

Vous avez un pied à Neuchâtel et l'autre dans le Jura...

Oui, j'ai deux fonctions: celle de professeur associé à l'Université de Neuchâtel, et celle de directeur adjoint du lycée de Porrentruy. C'est une ouverture qui me plaît. Et je peux encore poursuivre mes recherches, mon thème favori étant les algèbres d'opérateurs.

L'Université de Neuchâtel doit rester généraliste, selon vous?

J'en suis convaincu. Pour moi, pour avoir le choix de la formation, c'est important de continuer à offrir plusieurs filières en Suisse romande, et pas uniquement, comme on l'entend parfois pour les mathématiques, celle de l'EPFL. Sans parler de l'atout de la proximité.

Vous enseignez aussi au lycée: vous avez l'impression que le niveau des élèves baisse?

C'est un faux débat, le niveau n'a pas baissé. C'est vrai que les élèves ont aujourd'hui tendance à zapper et manquent un peu de concentration. Mais on enseigne aussi de manière différente. Ce qui est sûr, c'est que les jeunes ne sont ni moins intelligents, ni moins agréables qu'avant!

FrançOise Kuenzi

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