Les Bohringer se donnent la réplique au théâtre du Passage à Neuchâtel

Dans "J'avais un beau ballon rouge", Romane Bohringer incarne Margherita Cagol, une étudiante qui se rallie à la cause des Brigades rouges. La pièce confronte la jeune femme à son destin et à son père, incarné par Richard Bohringer.
07 août 2015, 13:34
Romane et Richard Bohringer, fille et père à la ville comme à la scène.

Etudiante idéaliste, Margherita Cagol a embrassé la cause des Brigades rouges, durant les années de plomb en Italie. "J'avais un beau ballon rouge", une pièce d'Angela Dematté, retrace sa trajectoire en mêlant l'intime à la grande Histoire. Face à son père Richard, Romane Bohringer incarne cette jeune femme, qui sera finalement tuée au cours d'un affrontement avec les forces de l'ordre. Un face-à-face à découvrir demain sur la scène du théâtre du Passage, à Neuchâtel.

Romane Bohringer, qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet, qui revient sur les années de plomb?

Depuis bien des années, je motive mes troupes théâtrales pour  trouver l’opportunité de jouer avec Richard. J’en ai parlé à des personnes de talent comme Michel Didym ou Pierre Pradinas avec qui je travaille beaucoup. Michel a proposé cette pièce. Je l’ai suivi car j’ai une énorme confiance en lui, que ce soit du point de vue du goût, de l’esthétique, du sens de l’humain. Il fallait trouver quelqu’un d’une grande sensibilité, car je voulais que ce face-à-face avec mon père soit élégant, délicat, jamais raccoleur. 

Quelles sont, à vos yeux, les qualités de cette pièce?

Ce texte est bouleversant. Il raconte une part de la grande histoire des hommes: faut-il faire la révolution, comment la rate-t-on ou la réussit-on?  Comment inverser le rapport dominés-dominants?, la question nous obsède aujourd’hui encore. A travers cette grande histoire, la pièce raconte une histoire familiale plus bouleversante encore, celle d’un père qui voit sa fille s’éloigner. Pour une destinée bien sombre en l’occurrence, mais dans la vie, tous les parents doivent s’y résoudre, avec toute la part de mélancolie, de souvenirs en commun que cela implique. Cette pièce est tellement forte  que mon père et moi pouvons y mettre ce que nous sommes nous, sans que cela soit impudique, un truc du genre «les Bohringer se montrent sur scène».

Interview complet dans L'Express et L'Impartial du week-end.