Les ambitions de Val-de-Travers n'excluront pas les économies

A l'instar des villes, le Conseil communal de Val-de-Travers a établi un plan de législature afin de fixer ses priorités et ses objectifs pour les annése à venir. L'exécutif in corpore a présenté, hier, sa vision stratégique pour les dix années à venir, ainsi que le montant des économies souhaité pour assainir les finances.
04 juin 2009, 08:33

Avec son statut de première commune fusionnée de l'ère nouvelle du canton et de plus important rapprochement sur le plan national, la commune de Val-de-Travers se sait observée de toutes parts.

Un rôle de pionnier que les conseillers communaux ne prennent pas à la légère, bien décidés à démontrer par les actes que la population des neuf anciennes communes a fait un choix judicieux en acceptant la fusion le 24 février 2008. Hier, en présentant les pistes de son programme de législature 2009-2012, l'exécutif a prouvé - sur papier tout du moins - qu'une vision globale est indispensable au positionnement et au développement de la région.

«La question était de savoir où nous voulons amener Val-de-Travers dans les dix années à venir», a précisé Yves Fatton, président de commune. Et le conseiller communal d'ébaucher les grandes lignes directrices: «Nous souhaitons un Val-de-Travers ouvert sur le monde et devenir la «station verte» du Réseau urbain neuchâtelois (RUN). Nous avons la volonté de non seulement soutenir, mais également développer les entreprises et commerces de notre région, de maintenir une qualité de vie dont nous n'avons pas toujours conscience, mettre en avant les qualités de chaque village et créer un réseau de communication ouvert vers l'extérieur.»

Des déclarations d'intention que l'exécutif entend bien concrétiser, tout en tenant les promesses inscrites dans la convention de fusion. Notamment en ce qui concerne le coefficient fiscal de 72%, bien que Val-de-Travers devra s'astreindre à un régime d'austérité au cours des prochaines années. Le volet financier de la planification présenté par le chef des finances Jean-Nath Karakash prévoit, en effet, d'importantes économies, qui devront s'élever à deux millions de francs en 2012.

«L'objectif est que nous retrouvions une marge de manœuvre suffisante afin de pouvoir répondre à nos ambitions. Nous allons donc mettre en place des mécanismes de maîtrise des finances visant à plafonner les déficits et limiter l'endettement», précise le grand argentier. «Pour cela nous allons utiliser des outils novateurs et développer une gestion proactive de la dette communale.» Autrement dit, les nouveaux investissements seront directement conditionnés par l'état des finances. «Mais les coûts engendrés par la création de nouvelles prestations sont faibles par rapport aux économies que nous visons.»

Outre sa santé financière, Val-de-Travers devra également veiller à sa démographie stagnante, voire faiblissante. «Nous allons devoir passer de neuf plans d'aménagement à un seul», précise Pierre-Alain Rumley, en charge de l'aménagement, de l'environnement et des affaires sociales. Des quartiers seront aménagés pour les familles, mais les autorités n'omettront pas de développer des logements adaptés aux personnes âgées ainsi qu'un centre pour la jeunesse.

Du côté du personnel communal, si aucun licenciement n'est prévu, il n'est cependant pas impossible que des départs à la retraite soient anticipés, en parallèle au non-remplacement des départs naturels. /FNO

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Explications du président de la nouvelle commune Yves Fatton. Le patron des finances Jean-Nat Karakash évoque des mesures douloureuses pour arriver à réaliser ce programme. /tg