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Le Pérou tout nu

De retour de la ville péruvienne de Trujillo, une vingtaine de jeunes du Haut racontent leur séjour. Partis sur les traces du prêtre don Sandro, ils ont rencontré une réalité souvent brutale et parfois drôle «Un billet d'avion, c'est carrément indécent, c'est leur salaire pour deux ans...» C'était le Pérou pour les 23 jeunes du Haut qui sont allés donner un coup de main à Trujillo du 18 juillet au 10 août, en mémoire du prêtre don Sandro Dordi, assassiné par le Sentier lumineux. C'était le Pérou et tous, à une exception près, y retourneraient volontiers. Même si aucun d'entre eux ne s'en est tiré sans bobos (cette turista, pas moyen d'y échapper, sans parler des salmonelles). Mais c'était un Pérou qui n'avait rien d'un eldorado.

01 oct. 2006, 12:00

L'idée avait germé au sein de la Mission catholique italienne, sous la houlette de don Marco. Un appel avait été fait aux sponsors (les deux villes du Haut ont versé chacune 1000 fr.) et les jeunes eux-mêmes se sont dévoués pour tenir des stands par exemple, en se gelant lors des nocturnes!

Sur place, ils se sont occupés des enfants dans des orphelinats ou foyers de jour. Ils ont apporté une contribution plutôt élevée aux gens qui les hébergeaient. Et surtout, ils ont aidé financièrement une oeuvre qui les a manifestement marqués: une communauté de soeurs qui s'occupent des filles mères, des prostituées et des familles des prisonniers. Laura: «On était dans une famille où la mère avait 18 ans, mon âge. Elle avait un petit bébé mais son premier enfant avait 6 ans. Ça, c'est un des trucs qui m'a le plus choquée.» Les contacts sont maintenus et l'oeuvre des bonnes soeurs sera soutenue à long terme.

Contraste radical

En arrivant de Suisse, le contraste a été assez radical. Des différences de classes sociales phénoménales, avec les demeures des riches «derrière des murs de trois mètres, des barbelés». Et cette famille, la mère, la grand-mère, six enfants, le papa parti, s'entassant dans une sordide cabane, sans sanitaires: «Ça n'a pas été facile tous les jours.» Dans un orphelinat à Trujillo, ajoute Jeremy, «c'était presque une prison. Ils mettent tout ensemble, des handicapés, des trisomiques, des gamins abandonnés. Des fois, il y a des bagarres, ça sniffe de l'essence, ça mord». Don Marco: «Je suis allé deux fois à la prison de Trujillo, c'est inconcevable d'y mettre des enfants. Des centres comme celui-là permettent de l'éviter.» Jeremy: «Mais le métier d'éducateur, ça n'existe pas. Ce sont soit des profs, soit des gardiens. Je n'ai jamais vu un gardien frapper les enfants, mais ils ne les félicitent pas non plus, ça marche au sifflet.» Souvent poignants aussi, les témoignages des jeunes filles. Sophie: «Tout ce qu'on pouvait faire, c'était les écouter.» Laura: «Des filles enceintes voulaient qu'on adopte leur enfant. Elles ne savaient pas du tout ce qui allait leur arriver après l'accouchement...»

Mais ce séjour leur a laissé surtout plein de souvenirs chaleureux. Et même cocasses. L'accueil reçu, par exemple. Ils ont le fou rire: «Quand on a débarqué dans l'orphelinat, c'était tout juste s'ils savaient ce qu'on faisait là. Mais ils sont assez bons, ils nous intègrent direct!» Ou bien la notion assez relative du temps, les taxis où on voit la route à travers le plancher et la ceinture de sécurité qui vous reste dans la main. Et puis «l'organisation à la suisse, ça ne marche pas. On a essayé de faire un tournoi de foot. Il y avait huit équipes, mais après deux matches, tout le monde jouait dans la même équipe». Vanessa: «Oui, on a bien ri. Et surtout, on était un bon groupe, même si, avant de partir, on ne se connaissait pas vraiment.»

Les contacts se poursuivent. «Là-bas, il y a des cybercafés partout, plus que des bars, et ce n'est pas cher!» / CLD

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