Le Gothard cerné par des goulets d'étranglement

07 oct. 2010, 04:15

Dès 2017, voire 2016, les trains fonceront à travers le Gothard. Mais leur course sur l'axe européen nord-sud sera ralentie par différents goulets d'étranglement du réseau ferroviaire, en particulier en Allemagne où les travaux sont bloqués. Le tronçon de raccordement entre Karlsruhe et Bâle, vital pour le trafic des marchandises au nord des Alpes, ne sera pas prêt pour 2017. Sur les 182 kilomètres qui devraient être aménagés, seuls près de 44 km sont déjà finis et 20 km en construction. L'Allemagne s'était pourtant engagée à terminer le doublement des voies (de deux à quatre) pour l'entrée en fonction du tunnel de base du Gothard.

C'était sans compter avec la résistance de la population. Quelque 172 000 recours bloquent les travaux. Les recourants réclament une meilleure protection contre le bruit et proposent des tracés alternatifs pour certaines parties du tronçon. Des discussions sont en cours, mais les exigences des opposants n'iront pas sans un surcoût important, estimé à un milliard d'euros, qui s'ajoute aux 5,7 milliards déjà prévus.

La compagnie se veut confiante. Le tronçon Stuttgart-Bâle à quatre voies pourra être ouvert au trafic en 2020 comme prévu, affirme-t-elle. La délégation parlementaire de surveillance des NLFA n'y croit pas trop, elle qui au printemps dernier a exprimé ses inquiétudes sur l'avancement des travaux en Allemagne.

Mais l'Allemagne n'est pas la seule à ne pas avoir préparé à temps les raccordements aux NLFA. En Suisse aussi, les goulets d'étranglement sont programmés, car plusieurs projets ont été mis sur des voies de garage pour des raisons financières, ou sont même passés à la trappe. Le tunnel du Wisenberg à travers le Jura (entre Bâle et Olten) et celui du Zimmerberg II (entre Lucerne et Zurich) seront réalisés dans le meilleur des cas dans le cadre de Rail2030.

Au sud des Alpes, la situation n'est pas meilleure. Entre Lugano et Chiasso, on ne sait même pas encore où faire passer le nouveau tronçon ferroviaire, tandis que le contournement de Bellinzone a été abandonné pour le moment. Sans compter que la prise en charge du trafic à la frontière italienne est loin d'être assurée. /ats