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Le Ghana va plonger dans la fièvre de la Coupe d'Afrique des nations

La Coupe d'Afrique des nations (CAN) débute demain au Ghana. Un pays qui attend l'événement avec impatience et espère fêter un cinquième succès. Havre de tranquillité, le discret mais pauvre Ghana frappe demain les trois coups du plus grand événement sportif du continent, la Coupe d'Afrique des nations (CAN). Il l'accueille pour la quatrième fois de son histoire et huit ans après la CAN 2000 coorganisée avec le Nigeria.

20 janv. 2008, 12:00

L'ancienne Gold Coast, pays d'Afrique de l'Ouest d'environ 22 millions d'habitants coincé entre la Côte d'Ivoire et le Togo, attend un million de visiteurs, un milliard de téléspectateurs à travers le monde, et surtout un troisième sacre à domicile après ceux de 1963 et 1978. Le souvenir des brillantes festivités de 2007 marquant le 50e anniversaire de l'indépendance paraît tout à coup bien pâle. Car si les Ghanéens sont épris de démocratie, ils sont fous de foot, en quasi-adoration devant le onze national des Black Stars. On ne compte plus à Accra les échoppes, véritable patchwork de couleurs, qui proposent maillots et fanions à des fans prêts à trop dépenser.

Jusqu'au 10 février à 19 heures, jour de la finale dans le stade d'Accra, cette passion sphérique va faire tomber toutes les barrières socioéconomiques, oublier toutes les divisions ethniques Nord-Sud, taire toutes les tensions religieuses entre chrétiens et musulmans.

Vingt-deux jours durant, les Ghanéens vont aussi oublier qu'ils habitent un pays pauvre parmi les plus pauvres, classé 136e sur 177 dans le classement de développement de l'ONU. Ils peuvent bien se consoler en se disant qu'ils devancent 35 autres pays africains, mais ils souffrent toujours des maux communs à tant de nations du continent: l'électricité et l'eau potable y sont encore aujourd'hui une denrée rare, et environ la moitié de la population vit avec moins d'un dollar par jour.

Pourtant, le Ghana est le deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d'Ivoire voisine, sans oublier ses richesses en or, bauxite, diamants et bois.

Pour les autorités, qui ont relevé le défi d'organiser la grand-messe du foot africain, il est donc essentiel de présenter l'image la plus séduisante possible de leur pays qui sera sous les projecteurs des télés du monde entier. Le Ghana se veut propre, efficace, organisé.

La direction de la sécurité routière a ainsi pris les devants en mettant en garde contre le risque accru d'accidents de la route durant la compétition à cause des prévisibles débordements de supporters surchauffés. Pour le réduire, on a mis en place des liaisons aériennes supplémentaires pour les villes où, à part Accra, se dérouleront des matches: Kumassi, Sekondi, Tamale. Les patrons d'hôtels ont été dûment chapitrés pour ne pas encourager la prostitution et deux précautions valant mieux qu'une, les autorités sanitaires ont distribué gratuitement des préservatifs dans les établissements.

En prévision de l'événement, la compagnie Zoomlion, chargée du nettoyage des quatre stades retenus avec une armée de 1000 personnes, a envoyé ses cadres se former en Allemagne, organisatrice de la Coupe du monde 2006. Propreté toujours: 1000 poubelles publiques ont été installées dans les villes du tournoi.

Côté logistique, un hôtel quatre étoiles, construit en un temps record à Kumassi, vient d'être ouvert par le président John Kufuor, filant dès le lendemain à Sekondi pour inaugurer le stade construit par une entreprise chinoise.

Reste une incertitude, carrément une angoisse, pour les tifosi ghanéens: il est quasiment impossible d'acheter des billets ailleurs qu'au marché noir.

Officiellement on assure que l'on peut s'en procurer dans les banques et les bureaux de poste: la plupart des acheteurs ressortent bredouilles de ces établissements et se rabattent sur les revendeurs qui leur font payer le sésame jusqu'à cinq fois plus cher que le prix officiel. / si

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