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La traque médiatique à l'œuvre

23 mai 2011, 11:26

Aucune des marches de la descente aux enfers n'a été épargnée à Dominique Strauss-Kahn. Après l'apparition de l'homme menotté, après la première comparution judiciaire sans sommeil ni toilette préalable, après la photo au flash le réveillant dans sa cellule de prison pour être ensuite publiée à la une du tabloïd New York Daily News, après le paiement d'une caution exceptionnellement élevée - seul l'escroc Madoff avait dû payer davantage dans l'histoire de l'État de New York -, voici maintenant que DSK est devenu une attraction touristique.

«Sur votre droite, l'immeuble où demeure le Français accusé de tentative de viol», indique au micro un guide touristique à bord d'un autocar à deux étages faisait visiter à un public principalement asiatique la pointe sud de l'île de Manhattan, où l'autre attraction est bien sûr le gigantesque chantier sur Ground Zero.

«La grenouille s'en tire»

Pour les touristes, comme pour les New-Yorkais, les termes «Dominique Strauss-Kahn» ou «directeur général du Fonds monétaire international» sont trop difficiles à mémoriser. Les guides touristiques se contentent donc d'utiliser une expression plus parlante: «le Français». En cela, ils adoptent le registre du New York Post. La première une du grand quotidien populaire de Big Apple consacrée à l'affaire comportait un titre en lettres géantes, «LE PERV», à côté d'une photo du visage mal rasé de l'ancien ministre des Finances. Vendredi matin, après que le juge Obus lui eut accordé une libération sous caution, le tabloïd a titré: «FROG LEGS IT» (la grenouille s'en tire). Le lendemain, toujours à la une, DSK apparaissait en putois, grâce à un montage fait d'une photographie et d'un dessin de caricaturiste.

C'est vendredi, vers 17h30, heure de New York, que DSK, tout juste libéré de prison, est arrivé à l'Empire Building, élégant gratte-ciel néoclassique construit en 1898, où la firme de sécurité privée Stroz-Friedberg détient des appartements pour y loger les prévenus libérés sous caution qu'elle est chargée de surveiller à leurs frais, en accord avec le bureau du procureur de l'État. Pour entrer dans l'immeuble situé au numéro 71 de Broadway, le couple Strauss-Kahn n'a pas eu l'humiliation de se frayer un chemin à travers une haie de caméras. Car, à la suite d'une fausse rumeur, la meute des journalistes attendait le couple à une autre adresse, située dans une petite rue du Financial District, à 400 mètres de là.

Dans ce déchaînement médiatico-judiciaire, la presse américaine de caniveau omet d'insister sur un fait pourtant important: DSK a formellement déclaré sa totale innocence face aux sept charges retenues contre lui par le procureur de l'État de New York, dans la lettre de démission qu'il a adressée au conseil d'administration du FMI.

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