La saison des «premières» du Xamaxien qui monte

Buteur et passeur le week-end dernier contre Zurich, Steven Lang compte bien démontrer à Nestor Clausen qu'il mérite sa confiance. S'il dispute sa première saison en tant que professionnel, le jeune homme a déjà bien roulé sa bosse. Une semaine après avoir battu Zurich (3-1), Neuchâtel Xamax retrouve la bande à Challandes. Remarquable face au champion en titre, Steven Lang - auteur de son premier but en Super League et d'une passe décisive - a su saisir la chance offerte par Nestor Clausen.

30 mars 2008, 12:00

A 20 ans (il est né le 3 septembre 1987), le natif de Moutier a déjà bien bourlingué avant de signer son premier contrat pro avec les «rouge et noir». Après avoir passé deux ans au centre de préformation de Payerne (avec notamment Johan Djourou et le troisième gardien xamaxien Guillaume Faivre), il prend la direction de Bâle. Trois saisons entre les M15 et les M18 dans le club rhénan et Steven Lang prend le chemin de Nantes.

Deux ans à raison de deux entraînements par semaine avec le groupe professionnel - «C'est là que j'ai rencontré Julio Rossi, qui est arrivé six mois après moi», relève Steven Lang - et deux saisons de CFA (la quatrième division) plus tard, revoilà le jeune homme en Suisse. «Lorsque j'étais à Payerne, je ne rentrais que le week-end pour jouer avec le Team Jura. A Nantes, je revenais deux fois par an. La première année en Loire-Atlantique fut difficile. Mais, avec le recul, cette expérience m'a permis d'énormément progresser», renchérit le Prévôtois. Durant son périple français, Steven Lang a aussi connu les galères de la blessure. «Je me suis cassé la cheville et suis resté six mois sur le flanc. C'était ma première grosse blessure», reprend le No 7 de la Maladière. «Cela m'a permis de voir les choses différemment, d'être patient.»

Son retour au pays n'était pas prémédité, mais presque. «Je n'avais aucune perspective pour passer pro à Nantes et ne voulais pas enchaîner une troisième saison en CFA. Quand Gérard Castella - qui était assistant de l'équipe nationale M17 quand j'y étais - m'a appelé, je n'ai pas hésité. J'ai réalisé un rêve en signant mon premier contrat professionnel (réd.: qui court jusqu'en juin 2009)», relate Steven Lang.

Arrivé l'été dernier sur le Littoral, le jeune homme avoue avoir traversé quelques instants délicats. «Je pensais avoir ma chance un peu plus rapidement», concède celui qui a été titularisé pour la première fois à Bâle, lors du dernier match de la première phase. Outre son but de la semaine dernière - «Je l'attendais depuis un bon moment», confirme-t-il -, Steven Lang vit la saison des «premières». En plus de passer pro, il a aussi vécu son premier changement d'entraîneur. «J'étais un peu anxieux, car je commençais à bénéficier de plus de temps de jeu», confie le Prévôtois désormais établi à Neuchâtel.

Mais Steven Lang a su convaincre Nestor Clausen. «Je me sens bien, je veux prouver au nouvel entraîneur que je mérite sa confiance», assure le demi. «Il est très dangereux en phase offensive. Il doit cependant être conscient qu'il peut encore apporter plus en jouant plus simplement, en terminant ses actions. Il a toutefois besoin d'être bien encadré et il doit oublier qu'il est un «gamin». Il doit désormais confirmer à chaque sortie», analyse Nestor Clausen.

Steven Lang est conscient que le plus dur reste à faire. «Bien sûr, je rêve de retourner un jour à l'étranger, avec une préférence pour l'Angleterre. Mais il ne s'agit surtout pas de brûler les étapes. Nestor Clausen m'a donné ma chance, je vais tout mettre en ?uvre pour ne pas lâcher cette place de titulaire que je dois encore gagner.»

Comme tous ses coéquipiers, l'arrivée de Nestor Clausen a donné un deuxième souffle à Steven Lang. «Je n'accepte pas la situation actuelle. J'ai encore l'élimination en demi-finale de Coupe de Suisse au travers de la gorge. Et je ne veux pas penser à une éventuelle relégation. Neuchâtel Xamax n'est pas à sa place. Elle situe juste derrière Bâle, Young Boys et Zurich», termine notre homme. /EPE