Israël tue deux Palestiniens accusés du meurtre de trois Israéliens

Après plus de trois mois de traque, l'armée israélienne a abattu les deux Palestiniens soupçonnés d'avoir enlevé et tué trois jeunes Israéliens. Leur assassinat avait provoqué l'offensive lancée le 8 juillet par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza.

23 sept. 2014, 18:53
Mardi, quelque 3000 personnes ont participé aux funérailles des deux hommes.

L'armée israélienne a tué mardi les deux Palestiniens accusés d'avoir assassiné en juin dernier trois jeunes Israéliens en Cisjordanie occupée. Ces exécutions interviennent alors que les négociateurs israéliens et palestiniens ont décidé de poursuivre fin octobre leurs discussions pour une trêve durable après la guerre à Gaza.

L'assassinat de ces trois Israéliens, portés disparus le 12 juin et dont les corps avaient été découverts 18 jours plus tard, avait ouvert un cycle de violence qui a culminé avec le lancement le 8 juillet de l'offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza. Le conflit a duré 50 jours.

Marwan Qawasmeh et Amer Abou Eisheh ont été tués au cours d'un assaut sur la maison où ils se trouvaient à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Les familles qui ont identifié les corps ont affirmé que les dépouilles portaient des brûlures et que des membres avaient été déchiquetées.

Leur mort ainsi que l'arrestation de trois autres membres de la famille Qawasmeh, très influente à Hébron, font redouter de nouvelles violences dans cette ville.

Mardi, quelque 3000 personnes ont participé aux funérailles des deux hommes. La foule a porté d'une mosquée au cimetière les deux corps enveloppés dans des drapeaux du Hamas. La branche armée du Hamas, le mouvement qui contrôle Gaza, a salué "deux combattants martyrs".

Heurts sporadiques

L'assaut tôt le matin a dégénéré en échanges de tirs entre soldats et agents du renseignement israéliens d'un côté et les Palestiniens retranchés dans une maison de l'autre.

Aussitôt après l'attaque, des dizaines de jeunes Palestiniens ont lancé des pierres vers les soldats israéliens stationnés dans le centre d'Hébron. Des affrontements, sporadiques, se poursuivaient mardi en fin d'après-midi, tandis que deux jeunes touchés par des balles en caoutchouc ont été transportés à l'hôpital, selon des sources médicales locales.

Hébron et ses environs sont traversés par un découpage administratif inextricable: certaines zones sont sous contrôle civil palestinien et militaire israélien (zone B) et d'autres totalement sous contrôle israélien (zone C).

Sécurité palestinienne surprise

A travers la Cisjordanie, l'Autorité palestinienne maintient une coopération sécuritaire avec l'Etat hébreu. Le porte-parole de la sécurité palestinienne a toutefois assuré que "les services de sécurité palestiniens ne savaient rien des deux hommes ni comment l'armée israélienne avait pu entrer dans cette zone".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la mort des deux Palestiniens, estimant qu'"on s'était occupé d'eux" comme il l'avait promis après les enlèvements.

Négociations fin octobre

Au Caire, où ont repris mardi les discussions indirectes pour consolider le cessez-le-feu proclamé il y a un mois à Gaza, les négociateurs palestiniens ont un temps fait peser la menace de ne pas retourner à la table des négociations.

Mais les négociateurs des deux bords sont ensuite tombés d'accord pour poursuivre fin octobre leurs discussions indirectes pour une trêve durable, selon un responsable du Hamas. Ce report serait dû aux fêtes religieuses juives et musulmanes, qui ont lieu ces jours.

Le CICR se donne plus de moyens

De son côté, Mahmoud Abbas devait rencontrer mardi les diplomates arabes à New York à la veille de l'Assemblée générale de l'ONU. Le président palestinien entend réclamer un plan pour mettre fin à l'occupation israélienne sous trois ans, a indiqué son porte-parole.

Quant au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), il a décidé d'augmenter de 70% son budget initial concernant la bande de Gaza. Il a demandé mardi 30 millions de francs supplémentaires, notamment pour remettre en état quatre hôpitaux gravement endommagés.

"La situation humanitaire est très sombre à Gaza", a affirmé à la presse à Genève le chef des opérations du CICR pour le Proche-Orient, Robert Mardini, de retour du territoire palestinien. "Les besoins à Gaza sont pressants et immenses", a expliqué le responsable. "Les gens de Gaza n'en peuvent plus", a-t-il ajouté.