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Indemini, havre de paix paré de gris accroché à la montagne

Loin du tumulte de la riviera, l'authenticité d'Indemini fait découvrir un autre Tessin. Celui des villages isolés de montagne. La 14e étape de notre visite de la Suisse à travers ses 26 cantons et demi-cantons.

29 juil. 2010, 06:53

Indemini, dernier bastion suisse dans une vallée italienne, se cache au fond du val Veddasca. Depuis la rive est du lac Majeur, une interminable route de montagne y conduit. Une vingtaine de kilomètres de montée, les virages en tête d'épingle n'en finissent plus, mais garantissent un travelling-panorama sur toute la région. En grand format, les vallées de la Maggia, de la Verzasca et Locarno, se dévoilent.

Le décor change passé le col de la Neggia. De loin, Indemini, village de pierres accroché à sa montagne, se fond dans le paysage. A l'approche, les contours des maisons se précisent, avec leurs toitures de dalles de granit et de tuiles.

Les voitures restent parquées au bord de la route. Le dédale de venelles d'Indemini se découvre à pied seulement. D'étroits passages, baignés de lumière lorsque le soleil est au zénith, égarent le promeneur. Le sol des ruelles est garni de salciato, pavage typique de pierres placées à la verticale. Le gneiss gris gagne aussi les murs des maisons: tout le village est harmonieusement construit de la même pierre, à l'exception du bois des balcons qui s'accrochent aux façades.

Au rez-de-chaussée d'une maison, un musée raconte l'histoire de ce village pittoresque. Sur les murs, d'anciens clichés immortalisent les gens qui y ont vécu et narrent l'existence d'autrefois, celle de la contrebande avec l'Italie, des rudes travaux agricoles et de la dureté de longs hivers.

Entre les photos et la réalité, le village a peu changé. Le quotidien s'est adouci, surtout pour les vacanciers en séjour dans ce lieu idyllique et retranché. Transformées en résidences secondaires, la plupart des maisons d'Indemini ne vivent que quelques semaines par an.

Beat Wüthrich est l'un des 37 habitants à habiter ici à l'année. «J'ai connu le village en 1965. A l'époque, il se vidait de sa population et les maisons se vendaient pour quelques centaines de francs.» Alors, il achète une ruine et passe la plupart de ses vacances à la retaper. A la retraite depuis 2006, Beat a décidé de s'installer à Indemini. «C'était un rêve. Pour moi, ce n'est pas la fin du monde ici, mais son début. L'ambiance particulière du village, la proximité de la nature, c'est comme si nous vivions dans un immense parc.» Dans les années quatre-vingt, des familles venues de «l'autre Suisse», la romande et l'alémanique, se sont installées au village. Aux côtés des rares autochtones restés là-haut, ils ont redonné vie à Indemini. Un temps, avant que le village ne se dépeuple à nouveau. «Ce n'est pas facile de vivre ici si tu n'as pas d'activité au village. La route est longue pour aller travailler ailleurs», explique Fausto Domenighetti. Natif d'Indemini, il en a été le maire pendant 26 ans: «Je me sens bien ici. J'ai Indemini dans le cœur.»

Un panorama à couper le souffle sur le massif du Tamaro, l'authenticité et la richesse de son patrimoine, deux bistrots et des locations de vacances à foison, Indemini se fraie une autre voie pour rester en vie, celle d'un tourisme vert d'amoureux de la vieille pierre. /PFR

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