Votre publicité ici avec IMPACT_medias

«Il derbi» des Neuchâtelois

Le derby tessinois soulève les passions outre-Gothard. Ce soir à la Valascia, trois hockeyeurs de notre canton disputeront ce match à nul autre pareil en Suisse. La parole à quatre protagonistes particuliers Ce soir, à la Valascia, dans une patinoire comble, se disputera le 146e derby tessinois officiel. «Il derbi», comme on dit ici. Les retrouvailles entre Lugano et Ambri-Piotta soulèvent à chaque fois les passions. Une confrontation dont la portée dépasse le cadre du sport. «C'est une opposition culturelle: riches contre pauvres, paysans contre citadins, explique Félicien Du Bois, bien imprégné de la culture tessinoise. C'est aussi le contraste entre deux façons bien différentes d'aborder le sport. En plus, le caractère latin des Tessinois augmente encore le côté passionnel d'un derby normal.»

03 févr. 2006, 12:00

Régis Fuchs en connaît aussi un bout sur la question, même s'il doit demander à son fils Jason (10 ans) s'il a déjà manqué un de ces matches si spéciaux. «Je dois en être à 37 (réd.: 32 en saison régulière et cinq en play-off lors de la saison 1998-1999), compte celui qui est arrivé à Lugano en 1998. C'est vrai qu'à chaque fois, on sent que ce n'est pas une rencontre comme les autres. Les gens ont plus d'intérêt, il y a plus de passion. On ne peut pas être insensible. C'est toujours intéressant de disputer ce genre de rencontres. Je pense que, en comparaison des autres derbies existant en Suisse, c'est le plus passionné. Le fait d'être dans le Sud amplifie encore tout ça.»

«Lugano n'est pas un club populaire»

Et le No 14 de la Resega reconnaît aussi que la différence entre les clubs est patente. «Il y a deux niveaux de budget (réd.: 10 millions pour Lugano, 6 pour Ambri-Piotta), résume-t-il. Les Léventins s'en sortent très bien avec leurs moyens. Ils bénéficient aussi d'une plus grande popularité. Ainsi, dans mon village (réd.: Caslano) de la banlieue luganaise, il y a plus de supporters «biancoblu» que de «bianconeri». A l'évidence, Lugano n'est pas un club populaire.» Il n'y a qu'à assister à une rencontre à la Resega pour s'en convaincre. Son ambiance feutrée n'a rien à voir avec la ferveur de la Valascia.

«Ambri-Piotta est certainement le club le plus populaire de Suisse, certifie Félicien Du Bois. Nous drainons des fans de Bellinzone à Lucerne.» Et quand le petit Poucet léventin se permet de faire trébucher l'ogre luganais dans son antre, comme le 6 janvier dernier, le canton est en émoi. Cette défaite à la Resega (la première en 16 ans en saison régulière!) est restée en travers de la gorge des hommes de Huras. «C'est la manière qui nous a fait mal, relève Sandy Jeannin. Nous menions 4-1 et avons finalement perdu 4-5. Nous avons mis du temps à nous en remettre.» Par contre, Ambri-Piotta a surfé sur la vague de ce succès de prestige.

Mais est-ce vraiment une partie si spéciale pour les non-Tessinois? «Pas tellement, commente Kevin Romy (trois derbies). C'est surtout chaud dans les tribunes. On sent que l'ambiance est surchauffée, mais il faut en faire abstraction durant la partie. Ça reste un match de hockey.» «J'essaie de l'aborder comme un autre, mais à chaque fois je ressens un sentiment spécial, raconte Félicien Du Bois. L'adrénaline monte plus vite que d'habitude. C'est excitant de disputer ce genre de match. C'est encore plus particulier pour les Tessinois.» Qui ne sont pas nombreux côté luganais (un ou deux seront titulaires) et plus présents à Ambri-Piotta (cinq ou six titulaires). Là aussi, la différence est criarde.

«Tout pour réussir»

Il y a donc, parfois, plus de Neuchâtelois sur la glace que de Tessinois. «Cela prouve que notre canton produit de bons hockeyeurs, relève Sandy Jeannin. Il n'y a aucune animosité entre nous. J'ai appris à connaître Félicien en équipe nationale et je l'apprécie beaucoup. Il a tout pour réussir une grande carrière.»

Il n'empêche, le Fleurisan ne fera aucun cadeau au Ponlier. Lugano doit prendre sa revanche. Le prestige cantonal est en jeu, et au Tessin, ce n'est pas rien. «Nos supporters n'accepteraient pas une nouvelle défaite, admet le No 28 des «bianconeri». Nous devrons faire attention à ne pas nous laisser envahir par l'émotion et l'envie de revanche.» Plus facile à dire qu'à faire. Et là-dessus chaque Neuchâtelois concerné en convient: «Ça va être chaud». / JCE

Votre publicité ici avec IMPACT_medias