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Hooliganisme et violence vus de l'intérieur

Dans le cadre d'Eurofête, la compagnie des Sept Lieux présentera «Football Factory», de mercredi à dimanche, à Neuchâtel. Cette pièce tirée d'un roman de John King se veut un portrait sans concession du hooliganisme, vu de l'intérieur. «Sans la passion, le football est mort. Reste 22 mecs en train de courir après un ballon sur un bout de gazon. C'est assez con, franchement.» Ces mots, qui sortent de la bouche d'un des personnages de «Football Factory, confession d'un hooligan», annoncent la couleur. La pièce, que la compagnie des Sept Lieux présentera dès mercredi aux Caves du Palais, à Neuchâtel, ne parle que très accessoirement de sport.

16 juin 2008, 12:00

Adaptée du roman éponyme de John King, «Football Factory» raconte le quotidien de quatre hooligans de Chelsea, club londonien. A l'inverse des pacifiques supporters portugais arrivés à Neuchâtel depuis un peu plus d'une semaine, ils ne vivent que pour l'adrénaline suscitée par les bastons auxquelles ils se livrent en marge des matches.

«L'acteur et metteur en scène Emmanuel Samatani avait lu le roman de John King, qui lui avait beaucoup plu. Avec l'Euro, c'était le moment où jamais d'en faire quelque chose», explique John Durand, l'un des quatre membres de la compagnie des Sept Lieux, basée à Lausanne et qui compte encore Olivier Renault et Jean-Daniel Uldry.

«Le but de la pièce est de montrer jusqu'où peut aller l'autojustification des hooligans», explique John Durand. Cette démonstration est faite de l'intérieur, à travers les paroles et les actes de ces personnages. John Durand fait le rapprochement avec le film «Orange mécanique», dans lequel Stanley Kubrick dresse le portrait de jeunes gens dés?uvrés, pour qui «l'ultraviolence» constitue la seule raison de vivre.

«La pièce, comme le roman de John King, vise à dénoncer deux choses différentes: la violence liée au football, qui est le fait des hooligans, mais aussi l'hypocrisie d'une société qui cote ses clubs de foot en Bourse mais stigmatise les hooligans», explique John Durand.

Au terme de la pièce, les comédiens proposeront aux spectateurs un débat autour du thème de la violence. «On ne lâche pas cette pièce comme ça!», s'exclame John Durand.

Les membres de la compagnie des Sept Lieux sont-ils eux-mêmes des fans de foot? «C'est partagé», nuance John Durand. Mais aucun d'eux n'a fait le déplacement pour assister aux entraînements du Portugal. «Ce n'était pas notre préoccupation principale, en ce moment», rigole le comédien. Qui ajoute avoir tout de même suivi un bout du match France-Roumanie. «Mais c'était une suite de passes, «à toi, à moi», ça m'a vite ennuyé...» / NHE

«Football Factory», par la compagnie des Sept Lieux, de mercredi à dimanche dans les Caves du palais, à Neuchâtel. Entrée libre.
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