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Herzog et de Meuron organisent poétiquement un chaos métallique

Nonante minutes pour tenter de comprendre le plus grand chantier conduit par les architectes bâlois. Une intéressante entrée en matière pour l'année olympique. L e duo d'architectes bâlois, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, était déjà mondialement connu (le stade de Munich par exemple) quand leur bureau, avec ses 200 collaborateurs, fut chargé de construire à Pékin le stade principal des Jeux olympiques de l'été 2008. Le plus grand chantier conduit par leur entreprise, mené à bien en quatre ans, est au final tel qu'ils l'ont conçu, certes à travers parfois d'intenses négociations. Ils en assument donc l'entière responsabilité.

01 mars 2008, 12:00

Le concours s'ouvre en 2002. Leur projet est bien accueilli. Mais il faut prendre le risque d'avancer sans avoir obtenu ni le oui, ni le non chinois, rude apprentissage pour un occidental. Mandat enfin confirmé, il faut mener à bien un chantier immense en quatre ans. Parallèlement, un autre projet doit être développé, construire un «quartier» pour 300 000 habitants dans une ville de province, Jinhua.

Un artiste chinois qui vécut quelques années aux Etats-Unis, Ai Weiwei, devenu leur ami, servira d'intermédiaire entre les architectes suisses et les autorités chinoises d'une ville qui n'a rien à voir avec les JO.

Que peut-on, en nonante minutes, aborder et faire comprendre s'il y a deux réalisateurs probablement chacun à la tête d'équipes qui opèrent parfois séparément. Quelques rares plans permettent à une caméra de saisir l'autre dans son champ. Pas de prise de position politique sur la Chine contemporaine. A peine croise-t-on un jeune artisan qui rêve de voiture. De multiples choix vont donc s'imposer au montage.

Deux architectes en Chine conduisent un formidable chantier, avec des collaborateurs chinois. Leur stade aura la forme d'un confortable nid d'oiseau en forme d'?uf ouvert sur le ciel. De puissantes pièces de métal joueront une symphonie de formes apparemment chaotiques. Conduire à bien un tel projet implique de s'imprégner de la culture du commanditaire, trouver avec sensibilité les moyens de la comprendre et la manière d'y répondre. Les architectes ont su trouver deux partenaires pour les aider, un ancien ambassadeur de Suisse en Chine, fin amateur d'art, M. Sigg, et un artiste chinois, Ai Weiwei, indispensables pour la réussite du dialogue.

Le film par divers moyens aurait peut-être dû en dire davantage dans une démarche pédagogique informative qui déjà freinait ses timides élans poétiques. On y évoque un conflit avec le vice-maire de Pékin sans en comprendre ni la source ni la solution, entre autres.

«Bird's nest» est une intéressante entrée en matière cinématographique à l'année olympique. On pourra voir prochainement «Train de nuit», un film chinois de fiction d'une humaine et pessimiste force ou «Paysages manufacturés», vision poétique du monde malmené, aussi en Chine, par les excès de l'industrialisation. /FYL

Neuchâtel, Apollo 3
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