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Urgence sur le bitume

Les Ponts et chaussées auraient besoin de dix millions de francs par an. Ils n'en auront même pas quatre en 2007. Et le trafic ne cesse d'augmenter sur sol neuchâtelois Des fissures, des bosses, des ornières: le cycliste qui rallie les Grattes à Montmollin ou La Chaux-du-Milieu à La Brévine - parcours classé dans la brochure cyclotouristique commune au Jura et aux Trois-Lacs - roule sur des revêtements inconfortables. Voire dangereux. Mais ce désagrément n'est que la pointe de l'iceberg. La grosse réalité, c'est le manque d'entretien des routes cantonales neuchâteloises.

29 sept. 2006, 12:00

«La valeur de notre réseau est en nette dégradation. On pare au plus pressé. On ne peut réparer que le strict nécessaire, reconnaît Aldo Cantoni, chef de l'Office de l'entretien aux Ponts et chaussées. Avec la situation financière de l'Etat, les sommes allouées sont nettement en dessous des besoins.»

«On pare au plus pressé; on ne peut réparer que le strict nécessaire»

Sans parler des crédits d'investissements qui seraient nécessaires pour pallier le vieillissement des ponts et murs de soutènement, et qui sont bloqués, les Ponts et chaussées devraient disposer de dix millions de francs par an, rien que pour rénover les revêtements usés. Or l'enveloppe à disposition avoisine quatre millions, rabotée encore dans le budget 2007. Et il ne s'agit pas que d'une question de confort. A l'image d'une maison négligée, un entretien insuffisant peut nécessiter ensuite d'importants travaux très onéreux. Une bombe à retardement...

D'autant que la dégradation est tout sauf freinée par l'évolution du trafic: accroissement des véhicules, passage des camions de 28 à 40 tonnes. En plus, note Aldo Cantoni, beaucoup de tronçons cantonaux ne sont plus adaptés au gabarit des poids lourds. Les cars des transports publics, dont la largeur a augmenté, n'arrivent plus à croiser sur des routes comme celles des vallées de la Brévine ou des Ponts, ou sur le flanc sud du Val-de-Ruz.

Essai à froid au Locle

«Avec la neige, l'hiver passé, c'était la catastrophe entre Fleurier et La Brévine, relève Aldo Cantoni. Nous y avons procédé à des élargissements cet été. Nous avons une certaine écoute de notre chef de département.»

Le plus souvent, les travaux cumulent élargissement et réfection du tapis. Quand ces chantiers ne peuvent pas être ouverts, «les cantonniers jouent aux pompiers, ils font un gros effort» pour combler les trous par du gravillonnage. Un essai intéressant a été mené au Locle avec un enrobé posé à froid, plus rapide, plus économique et moins périlleux pour les deux-roues que le gravier. Sans ces «bletz» qui freinent l'infiltration d'eau, affirme le responsable de l'entretien, le réseau routier serait détruit.

Vélos: pas d'urgence

Et les pistes cyclables, qui sont loin de ressembler à des vélodromes? Lui-même adepte de vélo, Aldo Cantoni reconnaît qu'elles ne sont «pas d'un confort exceptionnel». Mais leur entretien ne lui paraît pas aussi déficitaire que celui des routes. / AXB

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