Une first lady au Bois...

Yasmine Ponnampalam est la première gardienne-cheffe nommée au Bois du Petit Château. Cette jeune ethno-biologiste est passionnante et passionnée par la faune «Les animaux? Je les aime depuis que je sais parler. D'abord, j'ai eu des tortues... mais j'ai dû insister. Mes parents n'étaient pas trop animaux, c'est tombé de nulle part!» Yasmine Ponnampalam est la «première dame» du Bois du Petit Château. Elle y est entrée en mars 2005 puis, le 1er janvier, a été nommée gardienne-cheffe. Elle travaille à 80%, et suit par ailleurs une école d'ostéopathie pour animaux à Avenches.

29 janv. 2006, 12:00

Cette jeune femme, Genevoise d'origine (sa mère est Suissesse, son père Malaisien), habite à Boudevilliers et a fait toutes ses études à Neuchâtel. Elle a inauguré une formation «interfacultaire» en ethnologie et biologie. Avec Jacques Hainard notamment: «Ah, super, un grand monsieur! Pour son successeur, ce ne sera pas évident...» Pour son mémoire, intitulé «Ethno-zoologie d'une cohabitation conflictuelle: l'homme, le loup et le chien de protection», elle a travaillé avec «Monsieur Loup», Jean-Marc Landry.

Collègues galants

Pendant ses études, Yasmine a fait plein de petits boulots, y compris au Papiliorama de Marin et, par ce biais, a passé un certificat de gardienne d'animaux, obtenu avec le meilleur résultat de sa promotion! Elle a aussi travaillé un an à la SPA de Fleurier, avant d'entrer au Bois du Petit Château. La transition s'est bien passée, paraît-il. «Pour les travaux les plus durs, comme par exemple faucher ou faire les réparations, mes collègues sont très galants.»

C'est que les tâches sont de toutes sortes: nourrir les animaux, nettoyer, donner les soins. Cette «station de soins» où l'on accueille les animaux malades, blessés, affaiblis, les rapaces victimes de collision, lui tient particulièrement à coeur. Au point qu'elle héberge chez elle une bonne part de ces bêtes, le temps de les retaper. Pour l'heure, elle s'occupe de deux petites chauves-souris, une pipistrelle et une sérotine bicolore, qui semblaient apprécier leurs vers de farine et larves de teigne.

Yasmine a l'enthousiasme contagieux lorsqu'elle évoque tout ce qu'on pourrait encore faire dans ce parc: donner plus de terrain aux loutres «où elles pourraient se défouler», améliorer les volières, mettre davantage d'éléments naturels comme des vieilles souches, installer les ratons laveurs à l'extérieur... «Mais on doit faire avec les moyens qu'on a. Il faut bricoler. Et heureusement, on a un grand bricoleur, il trouve toujours des combines!» En attendant, elle veille sur ses hôtes avec la plus grande sollicitude. Par exemple, elle dissimule la nourriture des ours sous la glace, ou celle des sangliers sous les copeaux, pour les occuper et leur éviter de trop s'ennuyer.

Droit dans le mur si...

Pour cette végétarienne - «un choix personnel, je n'ai aucun problème avec les gens qui mangent de la viande» - qui a finalement renoncé à être vétérinaire parce qu'elle est passionnée avant tout par la vie sauvage, le rôle éducatif d'un petit parc est primordial. «Il y a beaucoup de visites guidées au Vivarium. J'aimerais développer cela au parc zoologique, pour pouvoir justifier d'avoir des animaux enfermés.» Cela l'enchante de voir des petits ou des grands qui s'arrêtent, qui posent des questions. «S'il y a juste une ou deux personnes qui pensent à la faune sauvage, j'aurai gagné ma journée. C'est cela qui importe, changer le regard des gens, leur faire comprendre que la nature est fragile et qu'on va droit dans le mur si on ne change pas notre façon de faire.» /CLD