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Une écrivain public au c?ur des mots

Une ancienne journaliste a ouvert récemment un bureau d'écrivain public à Fleurier. Une démarche qui est l'aboutissement d'une vie d'écriture et de rencontres. Portrait d'une femme qui a décidé de mettre sa plume au service des autres. «L'écriture et le contact avec les gens sont deux choses que j'aime par-dessus tout», lance d'emblée Marie-France Oberbeck-Mévaux. Cette ancienne journaliste a inauguré en septembre dernier un bureau d'écrivain public à Fleurier. Baptisé Au c?ur des mots, son office est ouvert à «tous ceux qui ne peuvent, ne savent ou n'osent pas écrire», peut-on lire dans son texte de présentation. Comment cette mère de famille de 45 ans en est-elle arrivée à mettre sa plume au service de ceux qui en ont besoin?

01 févr. 2008, 12:00

Marie-France Oberbeck-Mévaux baigne dans l'écriture depuis toute petite. «Mon grand-père était correspondant pour un journal dans un petit village», se souvient-elle. A 22 ans, elle entre comme stagiaire au «Journal du Jura», puis part pour Paris. Elle y reste une année, «le temps de griller mes économies», rigole-t-elle.

Elle revient alors en Suisse, où elle trouve un poste de journaliste à «L'Est vaudois». «Pendant cinq ans, c'était le bonheur», affirme la Fleurisanne. Mais le métier évolue. Cette journaliste qui aime avant tout le terrain supporte mal de devoir désormais mener ses enquêtes par téléphone. Elle démisionne et devient responsable presse au prestigieux Montreux Jazz Festival. Pourtant, elle quitte son poste après une seule édition. «Claude Nobs m'a dit: Vous n'êtes pas faite pour rester dans un bureau.»

Marie-France Oberbeck-Mévaux a alors 30 ans, et traverse une phase de profonde remise en question. «Au lieu de faire du journalisme social, j'ai décidé de faire du social mon métier et de garder l'écriture pour le plaisir», explique-t-elle. Elle reprend donc des études, tout en travaillant dans une institution pour séropositifs, et obtient son diplôme d'assistante sociale. Bientôt, elle rencontre celui qui deviendra son mari, et le suit à Fleurier. De 1999 à 2005, elle ?uvre comme assistante sociale au Service intercommunal du Val-de-Travers.

Si elle est finalement devenue écrivain public, c'est autant pour renouer avec l'écriture que pour s'occuper de ses enfants. «Je travaille à temps partiel, ça me laisse du temps pour eux», explique-t-elle. Pour l'instant, elle reçoit en moyenne trois à quatre clients par semaine. «La plupart savent écrire, mais ils ont besoin de quelqu'un qui soigne la forme», explique-t-elle. Elle se souvient de son premier client, un jeune homme «brillant mais timide» qui voulait répondre à une annonce professionnelle. Son activité consiste aussi bien à rédiger un CV qu'à chercher des fonds pour une fête de quartier ou encore à régler un litige. «Je rêve qu'on me demande un jour d'écrire une lettre sentimentale», sourit la Fleurisanne.

L'écrivain a-t-elle une recette miracle? «Je dois parvenir à ressentir la personne, pour faire quelque chose qui lui corresponde vraiment», explique-t-elle. Mais surtout, «je ne juge jamais les gens qui viennent me voir». /NHE

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