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Lui qui aime les gens d'ici

Chaux-de-Fonnier né au Congo, Mike Kieme ne gagne pas sa vie avec la photo. Mais elle lui permet d'aller à la rencontre du canton et de ses habitants. Il expose une trentaine de ses travaux jusqu'au 29 octobre «Avec lui, une vue du canton de Neuchâtel devient un paysage chinois.» Bon. Jean-Philippe Hoffman n'est peut-être pas très objectif, parce qu'il regarde d'abord Mike Kieme comme «un ami». Mais le cofondateur du théâtre Tumulte peut avoir une appréciation plus aiguisée quand l'ami en question lui livre des photos de scène. Plus aiguisée, mais finalement tout aussi admirative: «Mike a un art assez formidable d'attraper le mouvement.» On peut juger de la pertinence de ces appréciations depuis hier et jusqu'au 29 octobre au café du Château, à Valangin, où Mike Kieme expose une trentaine de photos.

07 oct. 2006, 12:00

A 51 ans, Mike Kieme a vécu la moitié de sa vie en Suisse. Lui-même se définit comme un «Suisse allemand d'origine congolaise. Mais, précise-t-il, c'est juste parce que j'ai pris, lors de ma naturalisation, le lieu d'origine de ma femme. Je n'ai jamais vécu en Suisse alémanique.»

En fait Mike Kieme, qui habite aujourd'hui La Chaux-de-Fonds, a fait dans le canton de Neuchâtel l'essentiel de la partie suisse de sa trajectoire. De ce coin de pays, il a appris à apprécier non seulement les paysages, mais aussi les gens. «On dit qu'ils sont froids, mais ce n'est pas ce que j'ai vécu. Seulement, c'est aussi à nous d'aller vers eux.»

A l'âge de huit ans

C'est donc pour les gens et leur cadre de vie que le Chaux-de-Fonnier presse sur le déclencheur. Mais son intérêt pour la photo date de bien avant son arrivée en Suisse: il a tenu son premier appareil en mains à l'âge de huit ans.

Il revendique aujourd'hui une démarche où se mêlent spontanéité et construction. Spontanéité à la vue d'une marchande de fleurs installée sur le pavé de la place des Halles, à Neuchâtel. «Dans le temps maussade qu'il faisait, ses fleurs formaient un bel élément de couleur.» Construction dans la mesure où il pratique volontiers des «repérages» avant de trouver le bon angle et le bon moment. Avec deux atouts pour saisir les lumières les plus intéressantes: il aime se lever tôt et il a eu le temps de voir, depuis son arrivée en Suisse en 1981, comment les saisons européennes changent les paysages, sinon les gens d'ici.

Construction encore pour les photos de théâtre: «Je prends généralement le temps de m'imprégner de l'intrigue et des personnages». Ce qui aide sans doute. ensuite, à «attraper le mouvement».

Avantages «pratiques»

Au milieu de la déferlante numérique, Mike Kieme continue de travailler avec des films argentiques. Mais il n'en fait pas une guerre de religion. «C'est plutôt le plaisir du petit suspense entre la prise de vue et la découverte de ce qu'elle donnera à la sortie du laboratoire.»

Il reconnaît donc volontiers les avantages «pratiques» du matériel digital. Il avoue aussi son intérêt pour un domaine qu'il n'a pas encore exploré: la photo dite technique. Sans doute parce que mettre en valeur un objet industriel est aussi un art. /JMP

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