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Les «Silences» du retraité

Claude Jaquet a été distingué par la Fondation Créativité du 3e âge. L'Imérien d'adoption a présenté un recueil de nonante pages en vers libres et en prose. Emouvant Modeste, Claude Jaquet. Pourtant, ce qu'il a réalisé n'est certainement pas à la portée de beaucoup. Ce retraité imérien de 76 ans a en effet signé un recueil de poèmes en vers libres et en prose, «Silences».

31 oct. 2006, 12:00

Et il l'a adressé à la Fondation Créativé du 3e âge, à l'occasion de son 8e concours. Cette dernière, présidée par le banquier Hans Vontobel, a reçu 292 travaux en provenance de Suisse et 72 de l'étranger.

Le jury a décerné différents prix et 21 distinctions, dont une à Claude Jaquet. Qui n'a malheureusement pas pu se rendre récemment à Zurich pour la journée officielle, celle des félicitations et des petits fours, lui qui vient d'être méchamment frappé par la maladie. Heureusement, sa santé s'améliore de jour en jour.

Non à une publication

Son père Henri a été président de la Ville du Locle. Quasiment toute son activité professionnelle d'instituteur primaire, puis secondaire, l'auteur l'a exercée à Fleurier, à l'exception d'une année à La Sagne. Un milieu inévitablement attiré par l'écriture. La belle.

Depuis une dizaine d'années, Claude Jaquet a élu domicile à Saint-Imier, «une région qui ressemble au Val-de-Travers». Il s'emballe: «J'ai toujours eu des activités bénévoles. Je me suis occupé de colonies de vacances, de chômeurs, de réfugiés Un jour, je me suis mis à écrire pour moi. Mais je me suis rapidement rendu compte que je n'étais pas fait pour les romans!»

C'est donc dans les poèmes qu'il s'est retrouvé. Le recueil «Silences», de 90 pages, il l'a défloré alors qu'il était encore au pays de l'absinthe. Il lui faudra une bonne dizaine d'années pour le terminer, en 2004. Pas question de le publier, malgré sa distinction: «Je laisse une sorte de document à mes enfants et petits-enfants.»

Projet plus ambitieux

Dans «Silences», l'Imérien d'adoption fait le point sur sa vie: «J'y évoque mes échecs, mes réussites, mes maladies. Il possède un sens, qui résume qui je suis, au travers de ce que j'ai fait. L'ouvrage est scindé en six parties. Pour commencer, je suis quelqu'un qui ne dispose pas des éléments nécessaires pour dire si un dieu existe ou pas.»

Claude Jaquet commence par mettre deux oeuvres en interprétation parallèle. Un exercice de style remarquable. Puis, il évoque ses trajectoires amoureuses, ses colères, les paradoxes - «J'en viens à devenir prudent sur les affirmations» -, son cancer de la prostate et les météores. «La vie mérite-t-elle vraiment d'être vécue? Personne n'a demandé à venir au monde.»

Durant dix ans, son recueil l'a accompagné quotidiennement: «Par moments, tu ne sais plus trop si ce que tu écris est bien ou pas.» Depuis maintenant deux ans, il planche sur un projet ambitieux, plus philosophique. «Mais ça reste dans les poèmes.»

On ne se refait pas, même à 76 ans. / GST

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