Le Carnavallon a fait la nique aux derniers soubresauts de l'hiver

Le grand tétra, oiseau bientôt mythique par les temps qui courent, deviendrait-il la figure emblématique du canton de Neuchâtel? Il a en tous les cas été choisi par les organisateurs du Carnavallon, ce dernier week-end à Fleurier, pour symboliser le Bonhomme Hiver. Avec deux têtes de Turc en guise de clin d'?il. Hier, 15h01 piles! Un coup de canon retentit. Tradition carnavalesque oblige, on est particulièrement tatillon sur les horaires. Pour le cortège, point culminant de la fête, c'est le moment de s'ébranler et de déambuler cahin-caha dans les rues du village pour le plus grand plaisir d'un public enthousiaste venu en nombre malgré une météo plutôt frisquette.

07 avr. 2008, 12:00

Pour l'ultime carnaval de la région, les organisateurs ont été plutôt bien inspirés en arrêtant, pour des questions indépendantes de leur volonté, cette date reculée du mois d'avril. Heureux hasard, tout a finalement été réuni pour conférer à l'événement l'atmosphère qui lui est propre.

Sur la place Longereuse, le grand tétra a été mis à mort. Il est parti en fumée en un rien de temps, défiant au passage les autorités cantonales. En fait de grand tétra, c'est Picsou, le célèbre canard de Walt Disney, qui a été brûlé avec, à ses côtés, les photos de Roland Debély et Jean Studer.

Tenaces, revendicateurs dans le sens positif du terme et toujours prêts à se battre pour la cause de leur région, les habitants du Vallon sont restés fidèles à leur réputation. En ligne de mire, les menaces récurrentes qui planent sur l'avenir de l'hôpital du Val-de-Travers avec ce message: «Il y a le Haut, il y a le Bas et il y a? nous» Avec l'espoir que les intéressés en prennent bonne note! Mais le Carnavallon n'en est pas resté là. Trois jours durant, la fête n'a cessé de résonner au son des guggenmusiks et de vibrer au rythme de multiples animations aussi originales qu'insolites. Si la manifestation vivait sa 31e édition, c'était la troisième fois qu'elle était mise sur pied par un comité rajeuni avec un changement radical, le déménagement de la Fleurisia à la patinoire. «Pour moi, c'est un autre carnaval», souffle le président Bernard Cousin en place depuis de nombreuses années avec un brin de nostalgie dans la voix, pas franchement convaincu de mêler les concerts des cliques à ceux de groupes régionaux.

Autre son de cloche du côté de la nouvelle garde: «Notre but, plutôt réussi, est d'attirer les jeunes (réd: quelque 2500 entrées samedi soir) et de redynamiser la fête. Le résultat, c'est un savant mélange de styles, une bonne alchimie qui cartonne car elle satisfait tous les goûts. Il y a certes des choses à améliorer. Nous ne manquerons pas d'en discuter lors de notre prochain comité», note Nicolas Stauffer, chargé des relations publiques. Il s'agira de tirer les enseignements des expériences vécues et d'accorder les violons entre générations. /PAF