Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Des hausses de salaires «nécessaires et possibles»

Travail.Suisse défendra des augmentations de salaires réels de 1 à 2% pour 2011. C'est, à la fois, parfaitement justifié par les gains de productivité et économiquement possible, estime l'organisation syndicale. Sans «démanteler» l'assurance chômage.

03 août 2010, 11:24

«Depuis un an, l'économie suisse renoue avec la croissance», affirmait hier Suzanne Blank, responsable de la politique économique de l'organisation syndicale Travail.Suisse (170 000 travailleurs affiliés). Les indicateurs économiques le confirment, alors que les prévisionnistes tablent désormais sur une croissance de 1,8% pour l'année 2010 et de 1,6% pour 2011. Avec, en parallèle, un renchérissement modéré de 1,1% et 0,8%. De quoi justifier des hausses «sérieuses» de salaires.

Il y a d'abord un gros retard à rattraper. Entre 2004 et 2008, la croissance cumulée a atteint 14%, tandis que les salaires n'augmentaient que de 0,5% (1,1% dans le cadre des conventions collectives). Et les hausses accordées en 2009 n'ont pas comblé ce retard. Si l'économie se redresse sans renforcement des effectifs, c'est que la productivité du travail a fortement augmenté et que les fruits doivent en être partagés, note Suzanne Blank.

Il faut aussi soutenir la relance par la consommation. C'est elle qui a favorisé la croissance et qui a permis - mieux qu'ailleurs - de surmonter la crise. Le maintien du pouvoir d'achat est d'autant plus important que celui-ci est menacé par la hausse des primes maladie (non comptées dans l'indice des prix à la consommation), sans oublier les autres hausses de cotisations prévues (assurance perte de gain, assurance chômage, TVA pour l'assurance invalidité).

Dans le service public, le syndicat Transfair demandera d'abord la pleine compensation du renchérissement. Ensuite des hausses de salaires réels de 0,5% aux CFF, de 1,5% à La Poste et de 2% à Swisscom. Les trois entreprises affichent «d'excellents résultats», explique Matthias Humbel, attaché politique de Transfair. C'est également 1,5% qui sera réclamé pour le personnel de la Confédération, ainsi qu'un versement unique de 1000 francs sur les rentes.

Le syndicat Syna annonce aussi des revendications différenciées. Dans le secteur principal de la construction, il s'agit d'une augmentation de 150 francs par mois. Certaines industries d'exportation ont davantage souffert de la crise que d'autres. Ce n'est pas le cas du secteur pharmaceutique, auquel Syna réclamera une hausse globale de 3%. De même que pour le commerce de détail, également peu touché, indique son vice-président Arno Kerst.

Faisant figure d'exception, l'hôtellerie et la restauration ne feront pas l'objet de demandes particulières pour 2011. Une bonne raison à cela, explique Eric Dubois, secrétaire romand de Hôtel et Gastro Union: la nouvelle convention collective, étendue à l'ensemble de la branche («force obligatoire»), a été négociée sans pression grâce aux hausses accordées pour 2010. Les nouveaux salaires entreront en vigueur en 2012, avec correctifs si le renchérissement dépasse 2% pour la période 2009-2011. /FNU

Votre publicité ici avec IMPACT_medias