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Dans la caserne de lumière

Le bâtiment qui abrite le SIS, la police cantonale et les juges d'instruction du Haut soigne encore ses maladies d'enfance. Sous le soleil, sans stores, il y fait trop chaud «On ne travaille pas dans de bonnes conditions.» Le soleil est de retour comme les remarques aigres contre la chaleur emmagasinée par les verrières du bâtiment «Sispol» de Bonne-Fontaine. Au-dessus de la ligne de flottaison du beau navire qui abrite le SIS, la police cantonale et les juges d'instruction, inauguré fin 2004, le thermomètre prend toujours l'ascenseur, sur le versant Neuchâtel, quand les stores ne sont pas baissés. Avec apparemment de sacrées pointes: «Le 22 novembre, nous avions 18 degrés au nord et 37 au soleil», témoigne quelqu'un qui a pris soin de noter quelques extrêmes.

22 janv. 2006, 12:00
«Depuis ce matin, j'ai mal aux yeux et je ne vous parle pas de ceux qui portent des verres de contact»

Des visiteurs suent dans la grande salle d'audition des juges d'instruction au dernier étage, sans doute la plus exposée. Ils apportent de l'eau au moulin des usagers mécontents. «Les représentants des parties s'offusquent des conditions climatiques intolérables dans lesquels s'est déroulée l'audience», a réagi - en décembre - une grappe de juristes. Les plaintes concernent également la forte luminosité. «Depuis ce matin, j'ai mal aux yeux et je ne vous parle pas de ceux qui portent des verres de contact», reprend notre témoin. Il pousse devant lui sa seule parade: des monodoses de collyre.

Le problème couplé chaleur-lumière n'est pas nouveau. Au lendemain de notre dossier «Le verre et ses revers», qui s'appuyait en particulier sur le cas du bâtiment Sispol (notre édition du 16 juillet 2005), le médecin inspecteur du Service de l'inspection et de la santé au travail a fait des mesures à Bonne-Fontaine. Pour des locaux avec travail à l'écran, l'ordonnance sur la santé au travail préconise une valeur d'éclairement comprise entre 300 et 500 lux. Au sommet de Sispol, stores levés, les mesures ont enregistré 4000 à 6000 lux... «Les conditions ne sont pas du tout idéales», constate le chef du service susmentionné, Michel Guenat, qui a demandé que des mesures soient prises.

Elles le seront très bientôt, annonce l'ancien conseiller communal chaux-de-fonnier Georges Jeanbourquin, président d'une commission de construction qui espère pouvoir se dissoudre avant l'été. Pour lui, le problème tourne autour des stores extérieurs, qui ont le malheur de remonter automatiquement lorsque le vent atteint 20 km/h, au lieu des 30 km/h prévus dans le cahier des charges du façadier. «Une solution a été trouvée, nous remplacerons les câbles des stores par des coulisseaux rigides et ajouterons deux barres intermédiaires.» Ce sera fait en mars, avec pose d'échafaudages en façade. Le fournisseur participera au surcoût. «Le crédit de construction sera parfaitement respecté», précise Georges Jeanbourquin.

Cela dit, le président de la commission est agacé par les critiques de certains locataires. «Il me paraît évident que, si l'on veut éviter la chaleur, il faut d'abord baisser les stores.» Or, le matin de sa dernière visite de jeudi, aucun ne l'était. «Si l'on veut éviter l'effet de serre, les utilisateurs doivent aussi se discipliner.»

Quitte à travailler temporairement sans vue sur l'extérieur (sauf en filigrane à travers les stores orange), pratique contraire à une autre directive de l'ordonnance sur la santé au travail... /RON

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