«Une p’tite balade tranquille», l’air du temps de Matthieu Henguely

Découvrez l’«Air du temps» de Matthieu Henguely, une histoire de balade et d’éclopés.
01 oct. 2020, 05:30
Air du temps - Matthieu Henguely

Le plan, c’était de faire le Barrhorn, le plus haut sommet randonnable du pays, de bivouaquer un peu plus bas et rallier le lendemain la vallée de Zermatt, voisine du sommet. Deux jours étaient bloqués dans le calendrier depuis belle lurette, les cloques au pied soignées (quelle bête idée d’avoir mis des chaussures neuves pour la précédente longue rando…) et les affaires préparées.

Un match de foot et un claquage plus tard, une petite course contre la montre était lancée pour pouvoir remettre la guibole en état avant d’attaquer le sommet. Un jour avant le départ prévu, alors que la jambe disait «bof, bof», le copain, jusqu’ici au top physiquement, téléphone: «Ben, je rigolais avec ton claquage, mais je viens de reprendre une table sur le doigt de pied, je vais aller faire une radio demain…»
Réalistes et surtout bien éclopés, on annule donc, en attendant le verdict du médecin.

«En fait, c’est pas cassé. Donc je peux marcher. On va quand même faire une petite balade, histoire de ne pas avoir pris congé pour rien? Un truc tranquille, quoi.» Nous voilà donc repartis en voiture pour la Grand Vy, d’où on pourrait traîner nos pieds et jambes meurtries jusqu’au Creux-du-Van, un pique-nique dans le sac.

Assis devant le cirque, un petit défi se pointe: «Tu connais, toi, le Dos-d’âne?»

Et voilà donc les deux éclopés s’attaquer à l’itinéraire abrupt et non marqué au nord du cirque. Bon, la prochaine fois, même si on doit sortir les béquilles, on le fera, ce Barrhorn.
 

par Matthieu Henguely