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Coup de main agricole

Fernand Cuche cherche des bénévoles afin d'aider les agriculteurs à remettre en état les champs des environs du Creux-du-Van, très abîmés par les sangliers ces dernières semaines «Vous voyez toutes ces bandes de terre retournées dans ce champ? Ce sont des dégâts causés par les sangliers.» Fernand Cuche désigne en contrebas une surface agricole de Fretereules, saccagée par quelque groin vorace sorti du bois afin de dénicher sa pitance nocturne. Derrière le conseiller d'Etat, un petit groupe de journalistes évalue les dommages causés par les sangliers. «Un tiers de la surface herbagère est anéanti, observe le chef de la Gestion du territoire. Cela représente une importante perte en fourrage pour l'agriculteur, mais aussi un coût pour l'Etat, qui verse des indemnités.»

30 avr. 2006, 12:00

Ces dernières semaines, une quinzaine de sites ont été endommagés, tout particulièrement des exploitations situées à proximité de la réserve du Creux-du-Van. Devant cette situation, la Gestion du territoire propose une solution innovante: «Nous lançons un appel public à des bénévoles pour aider les agriculteurs afin de remettre en état les surfaces touchées, tâche qui incombe habituellement aux propriétaires, rémunérés par l'Etat.» Ce coup de main bénévole permettra une intervention rapide sur le terrain, coordonnée par la Chambre neuchâteloise d'agriculture (Cnav).

Afin de panser les plaies des prairies et pâturages lacérés par les sangliers, la Gestion du territoire peut d'ores et déjà compter sur le soutien de diverses associations, dont la société faîtière Ecoforum. «Nous soutenons cette idée, confirme son président Frédéric Cuche. Ces problèmes donnent matière à une réflexion approfondie pour une cohabitation harmonieuse de la nature et de l'agriculture.»

Heures de travail anéanties

Pour les agriculteurs, les déprédations ont également de lourdes conséquences sur le plan psychologique, explique Laurent Favre, directeur de la Cnav: «Après le passage des sangliers, en une nuit, ce sont plusieurs journées de travail qui sont réduites à néant. Chaque année, nous avons entre 50 et 60 demandes d'indemnités.» Les indemnités comprennent la perte sèche en fourrage et le travail de rebouchage des trous. «Ces dernières années, nous avons versé environ 200.000 francs, précise Arthur Fiechter, chef du Service de la faune. Pour les années les plus difficiles, cette somme est montée jusqu'à 370.000 francs».

Hardes affamées

Que viennent faire ces sangliers dans les champs? «Ils sont affamés, explique le garde-faune Christian Zbinden. Cette année, il n'y a pas eu de faînes ni de glands. Ils sortent la nuit chercher de quoi se nourrir dans les champs et creusent des trous pour déterrer des vers et des racines. Ils mangent également les balles rondes de silo de maïs.»

La population de sangliers a commencé à augmenter dès les années 1980. «C'est que les cultures de maïs se trouvent à proximité des forêts, une configuration qui leur convient bien», note Arthur Fiechter. Actuellement, la population compte une centaine de bêtes dans le canton. «Le sanglier est un animal malin, note le chef du Service de la faune. Il a compris que la réserve est une zone sûre et tranquille pour lui. Il s'y réfugie et n'en sort que la nuit.» En cas de nécessité, les garde-faune seront autorisés à procéder à quelques tirs de régulation au Creux-du-Van. «Mais il faut préciser qu'il ne s'agit aucunement de tirs de chasse.» / CPA

Les personnes intéressées à s'engager comme bénévoles peuvent contacter la Cnav au 032 854 05 90

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