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Des requérants bernés par des sangliers

18 mars 2007, 12:00

Ces dix demandeurs d'asile se sont fait jouer un tour de... cochon. Ils ont passé leur journée de jeudi à aplanir des trous de sangliers à Fretereules et les groins sont revenus tout saccager la nuit suivante. Huit requérants ont donc répété la besogne hier.

«C'est dénigrant d'envoyer ces braves gens reboucher des trous qui sont à nouveau creusés le lendemain», s'offusque André Bossy, conseiller communal à Brot-Dessous. «Refaire le boulot, ça peut arriver, mais ces requérants s'inscrivent volontairement pour ce travail d'intérêt public qu'ils sont contents de faire», réagit Alexandre Joly, directeur du Centre d'accueil de demandeurs d'asile de Couvet. Ceux-ci sont équipés de bottes et de pantalons et reçoivent 30 francs par jour (mais au maximum 300 francs par mois). Alexandre Joly précise qu'«il y a plus d'intéressés que de travail». L'opération «sangliers» de Fretereules, secteur chaud régulièrement visité par les cochons sauvages de la réserve du Creux-du-Van, est la première de l'année. Trois ou quatre autres avaient été menées dans le canton depuis l'été 2006.

Face aux dégâts répétés des sangliers, le conseiller d'Etat Fernand Cuche avait alors lancé un appel pour que des bras viennent seconder les agriculteurs. En fait, en cas de trous dans les prairies ou pâtures, pour lesquels il reçoit d'office un dédommagement de perte de rendement, le paysan a trois options. Après avoir informé le taxateur officiel, soit il renonce à reboucher les trous, soit il les rebouche lui-même avec une indemnité pour son travail, soit il demande à l'Etat qu'on remette son terrain en ordre, explique l'inspecteur de la faune Arthur Fiechter. Pour cette dernière solution, encore relativement rarement utilisée, l'agriculteur peut requérir du monde à La Joliette du Centre social protestant, au Drop-In de Neuchâtel, à l'atelier d'occupation de chômeurs Feu Vert de La Chaux-de-Fonds, ou à l'Office social de l'asile. Dans ces quatre cas, le Château verse aux volontaires la somme qu'il aurait donnée au paysan. Si elle ne représente pas d'économie pour l'Etat, conclut Arthur Fiechter, cette alternative «soulage les agriculteurs un peu débordés». / axb

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